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Des mots pour un regard scientifique

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mise à jour : le 14 octobre 2017

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INDEX 

abstraction, amour, analogie, analyse<>synthèse, anticipation<>rationalisation, a priori<>a posteriori, cellule<>sphère, concept, consilience (sic), contradiction, dialectique contemporaine, dialectique hégélienne, disparité, faits<>théorie, erreurs<>vérité, homologie, imagination, matérialisme, origine<>commencement, pensée petite-bourgeoise, pensée et esprit scientifique, roman sociologique, schémas du regard scientifique, science (idéologie et science, science et philosophie, science et technique), simplexe.

Abstraction

L'abstraction en science n'est pas l'opposition entre l'abstrait et le concret. Abstrait et concret sont dialectiquement liés. L'abstraction permet de s'éloigner de la réalité concrète, réduite à nos sens (empirisme, observation), afin de définir les phénomènes globaux constituant ainsi un cadre théorique.

Bibliographie de référence

Note :

  1. P. Langevin, La Notion de Corpuscules et d'Atomes, Hermann, Paris, 1934, p.44-46.

Généralité

L'abstraction peut se définir comme un processus mental de décomposition/classification mais de telle manière que chaque partie du tout (notion de base ou cellule) soit significative et représentative du tout (unité ou sphère). L'abstraction est une méthode du passage de l'abstrait au concret. Ou pour citer dire autrement, selon Paul Langevin,

« le concret est l'abstrait

rendu familier par l'usage. »[1]

Ce processus mental est utilisé par les scientifiques de la lignée scientifique d'Hegel dont Marx.

Dans le livre d'Angel Rivière, la psychologie de Vygotsky (édition La Dispute) à la page 7 :

« [...] sur le plan méthodologie, il convient d'élaborer un type d'analyse en unités non décomposables, c'est-à-dire qui intègre les différents aspects significatifs de la conduite humaine. A ce propos, Vygotsky indique : « Par unité de base nous entendons des produits de l'analyse tels qu'à la différence des éléments ils possèdent toutes les propriétés fondamentales du tout et sont des parties vivantes de cette unité qui ne sont plus décomposables [...] » » (Vygotsky, 1985, p. 36).

Or, Alexandre Zinoviev, on emploie une terminologie analogue :

unité de base
= cellule et tout = sphère.

Exemple pratique en géologie

En géologie, dans l'étude de lames minces (partie d'un tout ou cellule) issues d'un même bassin (le tout ou sphère), un seul minuscule grain de quartz anguleux présent seulement dans une unique lame mince parmi moult autres lames sans de grain quartz anguleux conduit à une mauvaise détermination de la nature du bassin et de son histoire si ce petit grain de quartz n'a pas été vu par l'observateur..

Ce minuscule et unique grain de quartz d'une unique lame mince détruit toute l'histoire des milliers d'autres lames minces (micro et millimétrique) du même bassin (kilométrique). Dans la langue populaire, on parle souvent de jeter son grain de sable afin de détruire des généralités hâtives, spéculatives et idéologiques. Ce grain de sable met en lumières les erreurs d'une vérité considérée comme absolue.

Conclusion 1 : De ce fait, la recherche d'erreurs est plus efficace que d'apporter une autre vérité qui nous semble supérieur. Ainsi, ce qui fait a posteriori la vérité est l'erreur.

Exemple pratique en éducation : 

Méthode globale (pédagogie)

Exemple pratique socio-historique

Par ailleurs, comme pour l'observation stricte de millier de lames minces, la mise en avant de faits bien observables et spectaculaire comme le font souvent les gens dans leur quotidien et de nombreux historiens, ne suffit pas à émettre la vérité et la nature des choses.

Généralement, on trie et on nie ce qui dérange pour nos vérités absolues ou nos généralités. On en oublie que les faits bien que réels ne font pas des faits scientifiques. C'est le premier principe d'épistémologie.

Ainsi, pour comprendre les choses et surtout ne pas faire d'erreur ("le succès"[2]), il faut aller voir le bassin en son entier, puis revenir aux lames minces et vis-versa. Abstraire ou Classifier de telle façon que l'histoire du bassin observée dans les lames minces soit significative et représentative de l'histoire du Bassin global.

Conclusion 2 : Les cellules (après abstraction/classification) doivent être significatives et représentatives de la sphère et vice versa.

Exemple pratique en méthodologie

Alexandre Zinoviev appelle la mise en œuvre consciente de ce processus "méthode du passage de l'abstrait au concret" d'après sa thèse en 1954 sur la "logique complexe" du Capital de Marx. Il l'utilise sur sa société (URSS) caractérisée par une sphère communautaire. Marx l'a utilisé sur sa société caractérisée par ses aspects professionnels. Mais, cette sphère professionnelle est encore aliénée au privé (sphère communautaire mère) de la propriété des moyens de productions et de services (sphère professionnelle fille).

Pour construire leurs théories sociologiques liées dialectiquement, ils partent tous deux des petits riens de la vie quotidienne et non pas des phénomènes spectaculaires que l'on généralise hâtivement et qui conduisent à des conclusions absurdes reprises le plus souvent idéologiquement.

On retrouve entre autre le même processus d'abstraction chez Darwin, Wegener et Stephen Jay Gould.

Analogie

Exemples de domaine d'application des analogies

Analogie en biologie

 des ailes d'oiseaux

et 

des ailes de chauve-souris

Analogie scientifique en histoire

Cromwell, Napoléon Ier, Staline et d'autres spartiates du XX sont des produits d'une guerre de trente ans (1618-1648; 1789-1815; 1914-1945; 1954-1984). 

Ces guerres civiles mondialisées ont engendré des révolutions (anglaise, française, russe et moult autres après 1954) ainsi que des espérances (liberté, égalité, fraternité, émancipations nationales) entre autres.

Analogie scientifique  ou vrai 

En sociologie : 



=> Tous les milieux de productions (productions capitalistes et goulag) engendrent de manière analogue des phénomènes types professionnels (expression d'Alexandre Zinoviev) au sein d'une sphère professionnelle définie. 


==> dans notre exemple, le goulag est un phénomène historique (court terme et bref) lié à la guerre civile européenne de 1914-1945 (et non à la société communiste du XX) tandis que les milieux de production capitaliste sont des phénomènes sociologiques (long terme et pérenne), liés à la société capitaliste par le privé (une sphère communautaire de pouvoir) de la propriété des moyens de production (la sphère professionnelle caractérisant notre société).

=> Tous les milieux communautaires (écoles, la vie au château de Versailles, les milieux politiques, d'administrations et de pouvoir, les milieux de services...) engendrent de façon analogue des phénomènes types communautaires (expression d'Alexandre Zinoviev) au sein d'une sphère communautaire définie.

Analogies idéologiques ou fausses

 En histoire : 

"communisme = nazisme".

En sociologie : 

"immigré = délinquance"

=> analogie spéculative d'Herbert Spencer


Les cas les plus courants et redondants sont :
* immigré = délinquance = violence (L'extrême droite et l'opinion en sont friands),
* USA = le gentils et Russe = le méchant (je vous envoie au média lors de la guerre froide et de la guerre civile en Ukraine)
* communisme = nazisme et Hitler = communisme donc lutte des races = luttes des classes et Staline = Hitler (Dans l'historiographie occidentale encore active depuis les années 90 dont chez Stéphane Courtois du "livre noir du communisme"),
* islam = terrorisme or islamisme = bolchevisme donc communisme = terrorisme (récurrent dans l'historiographie médiatique)
* Lunette = intello = faible
* Blonde = imbécile = pétasse
* Moche = à jeter et Belle = pétasse = pute

L'analogie fausse 

ou 

le moteur des idéologies et facteur des préjugés.

Commentaire facebook

La plupart du temps, pour comparer les choses nous faisons des analogies, c'est à dire que nous classons les choses selon leur ressemblance.


Ainsi, pour reprendre l'exemple classique et simple de la biologie : Les ailes de chauve-sourie et les ailes d'oiseau sont analogues. Ces ailes bien que structurellement différentes ont la même fonction : voler.

D'autre part, nous classons facilement les choses quotidiennes selon leur couleur, leur forme ou selon d'autres grandeurs analogiques d'après la perception des sens : chaud/froid, brillant/mâte, doux/rugueux, sucré/salé ...etc.

Or, en science humaine et dans les médias, l'utilisation de l'analogie est des plus courantes.

Bien que facilement démontable, elle marque les esprits. Ce genre d'analogie nous plonge dans la fainéantise d'esprit. Celui qui a des outils méthodologiques arrive facilement à les déconstruire. Mais, un enfant ou un adulte désarmé tombent vite dans le piège et le charme de l'analogie.

Ainsi, voici une autre analogie plus pernicieuse et plus perverse qui a été en vogue dans les années 80. On note depuis les 70 que les tueurs en série ont tous eu des énurésies (pipi au lit) dans leur enfance et une mère au moins autoritaire. Donc en toute logique comme le sous-entend les séries américaines des années 80 et les médias de l'époque, tout enfant qui a des énurésies et une mère autoritaire deviendra des tueurs en série ou des personnes violentes à l'âge adulte. Cela est d'autant plus probable que l'enfant a des problèmes de langage et est d'une nature timide (donc faible de corps et d'esprit dans l'opinion public).

L'enfant se plonge naturellement dans les dessins animés de l'époque c'est à dire les dessins animés Japonais. Or, il est (mé)connu à l'époque que le dessin japonais est violent et pervers. Donc, l'enfant qui regarde les dessins animés japonais sera probablement violent et pervers à l'âge adulte. Cela est largement répété dans les médias de masse et soutenu par des spécialistes. C'est la vision culturaliste de la société (le tout est acquis ou la faute de la TV).
De plus, la notion de programme génétique (le tout est inné ou la faute au gène), bien ancrée depuis les années 60 confère un argument qui semble encore plus scientifique.

Même si l'on entend encore ces arguments aujourd'hui, leur force est moindre dans l'opinion. Mais, dans ce cadre idéologique hégémonique comment voulez vous vous défendre contre les véritables phénomènes sociologiques sans paraître ce que le miroir idéologique reflète ?

Il est ainsi impossible de se défendre individuellement contre les phénomènes communautaires mais lorsque l'idéologie individualiste s'en mêle et joue contre l'individu, c'est encore plus difficile pour l'individu.
La pression de la communauté sur l'individu est d'autant plus écrasante quand l'autorité est affaiblie ou est exclue comme à la fin des années 80 et dans les années 90. Dans ce cas, les droits individuels sont annihilés ou inefficients même dans une société civilisée où les droits individuels rentrent dans un cadre juridique.

La défense contre les phénomènes communautaires est impossible lorsque l'on n'est qu'un enfant ou que l'on a que nos ongles pour se défendre. Je n'y vois que la fuite à la manière de Rousseau par des promenades réparatrices ou à la manière les trois singes de la sagesse chinoise. C'est en définitif subir consciemment afin de ne pas perdre son individualité. C'est lutter ! C'est lutter pour ne pas périr contre un double courant/une double hélice : un naturel/spontanée (sphère communautaire) et un artificiel/volitive à double tranchant (sphère idéologique type individualiste : innée ou acquis).

L'analogie dans le cadre de la société est génératrice de préjugés. Je nomme ce type d'analogie : analogies idéologiques ou analogies fausses.

2_ L'analogie vrai ou comparer les choses selon un regard scientifique

Il existe donc des analogies scientifiques ou vrais. Elles sont difficiles à déterminer et à faire comprendre. Je n'en donnerais que quelques exemples.

* Cromwell, Napoléon Ier et Staline sont des analogues. Ils sont tout trois produits d'une crise historique (1618-1648, 1789-1815, 1914-1945).
* La société soviétique et la communauté de l'Arcadia (Albator/Harlock) sont analogues d'autant moins variable dans un contexte de guerre civile universalisée : soulographie et fainéantise. Les phénomènes communautaires sont également dominants au château de Versailles sous Louis XIV avec ces suspicions et sa confiance, ces délations et sa solidarité, ses débauches et sa grandeur...etc

Mais, la logique analogique ne tient pas compte des phénomènes historiques qui ont généré ces différenciations. L'analogie est anti-historique.

L'analogie ne permet pas de comprendre
* l'origine des choses qui correspond aux processus constitutifs expliquant l'apparition des objets. L'origine pose la question du comment des choses.
* son commencement qui est la manifestation spatiale et temporelle de la naissance de ces objets. Le commencement pose la question du pourquoi des choses.

Le philosophe matérialiste et le scientifique vont d'abord à l'origine des choses (abstraction/théorie). Et c'est en dernière instance que le scientifique découvre un commencement (empirisme/expérimentation) qui confirme et affine les explications de l'origine.
A contrario, le métaphysicien et l'idéologue partent du commencement (réel ou objectif) pour y définir une origine (abstraite ou subjective dans un cadre métaphysique).

Pour comprendre l'origine des choses dans leur mouvement et leur transformation, on ne peut donc pas mettre dans le même sac une aile de chauve-sourie et une aile d'oiseau. Il faut cette fois-ci utiliser l'homologie (à suivre).

Analyse<>Synthèse


ÉMILE JALLEY :

 « Le Plan Langevin-Wallon, que presque personne n’a jamais lu, et dont il a toujours été de bon ton de moquer le projet comme le contenu, partait au moins de l’idée qui paraissait raisonnable encore à cette époque que, face à un très grand bâtiment comme l’Instruction Publique, l’Éducation nationale, le « bon sens » ( bona mens , Descartes) consistait à traiter les parties en fonction d’une idée du tout.

Or de nos jours, rien de pareil.

Et c’est là le résultat de l’aliénation de la mentalité culturelle dans le paradigme dominant de l’empirisme associationniste anglo-américain : l’analyse l’emportant sur la synthèse, l’intérêt pour les parties prévalant sur la vision du tout.

Et personne n’y voit rien à redire.

Démonter le moteur, le fusil, pour considérer les pièces à part, c’est « bien », c’est « concret », c’est pense-menu (minute philosopher, disait jadis Berkeley).

Personne ne se doute qu’il puisse y avoir ruse, duplicité, « pensée de derrière » (Pascal), à ne montrer que des morceaux de la chose, dans le dessein d’empêcher le survol complet du paysage par l’esprit de synthèse.
C’est pour cela que l’on met des œillères aux animaux de trait, chevaux, mulets, ânes, parce que la tâche servile qu’on leur demande exclut qu’on les laisse jouir de la vision totale de l’espace. Cela les distrairait, les rendrait même rebelles. »  (p. 9)

Synthèse 

(Ensemble des parties <=> Tout)

Plan Langevin-Wallon

esprit de synthèse

rebelle

Analyse 

(Sommes des parties = Tout)

empirisme associationnisme

"pensée de derrière"

servile

Anticipation<>Rationalisation

commentaire facebook

Anticiper n'est pas Contrôler.
Anticiper n'est pas Substituer.
Anticiper n'est pas Sélectionner

Anticiper c'est déterminer avant sa maturation la zone proximale de développement soit déterminer le potentiel latent afin de faire émerger le potentiel. De ce fait, l'action d'anticiper reste dans la propension du mouvement dialectique de l'objet et du sujet. C'est à dire qu'elle suit le développement naturel.

Ainsi,

Anticiper sur la nature n'est pas
* contrôler la nature (Descarte, Pasteur),
* sélectionner le bon du mauvais (Spencer, Galton),
* substituer la nature par la technique (Taylor)

Commentaire : Disparité du rationalisme

=> https://www.facebook.com/permalink.php…

L'anti-science est constante parmi les traditionalistes. Mais, l'anti-science ne semble pas nouveau parmi les progressistes/les modernistes. Même Freinet rejetait la psychologie à l'école mais tout en ayant des bases théoriques en psychologique inspirée de Pavlov et de la cybernétique. L'école nouvelle passe d'abord par des démarches naturalistes (qualitatives). Elle n'ose pas aller à la démarche quantitative d'autant plus que l'aspect quantitatif de la science a été monopolisé par le capitalisme à travers l'ingénierie.

Binet, Decroly, Wallon critiquaient cette attitude des pédagogues des écoles nouvelles. Cependant, leur action rationaliste diffère les uns des autres :

* Le rationaliste Alfred Binet accusait la pédagogie nouvelles et la paidologie de pseudo-science. Pour lui, ça ne marche pas et prône la pédagogie traditionaliste. Comme les traditionalistes et les républicanistes d'aujourd'hui, il aurait accusé la pédagogie moderne de « pédagogisme » si le mot n'avait pas été inventé par Liliane Lurçat dans les années 1980 ou 1990.

* Le rationaliste Henri Wallon critiquait les écoles nouvelles mais pour mieux les dépasser. Il critiquait également les tests psychométriques qui sont devenus après Binet comme notamment chez Stern (Qi) des tests de mesure et de hiérarchisation qui réduisent l'intelligence à la raison pure (logique pure) en niant tous les autres modes opératoires. Wallon constituait cependant des tests afin de représenter les phénomènes de manière complexe sans hiérarchisation. La mesure est certes utile mais de manière a posteriori comme le met en avant mon schémas : http://regard-scientifique.monsite-orange.fr/page-58af7e994… .

* Le rationaliste Ovide Decroly, un des initiateurs de l'éducation nouvelle expérimentait les tests de Binet mais pas sans critique, ni sans dépassement. Il constituait des tests plus adaptés, prenant en compte la diversité et la globalité de l'enfant. Sa stratégie globale de pédagogie, encore vivement prise à partie par les anti-pédagogues et les scientistes, est soutenu par Henri Wallon : http://regard-scientifique.monsite-orange.fr/page-58a87f1ca…

* Le rationaliste Ramus, promoteur de l'Evidence Based est enfermé dans l'empirisme pur et le fixisme de la mesure a priori. Pour lui, l'intelligence est UNE. René Zazzo avait déjà critiqué la vision des cognitivistes et même mis à jour la pluralité des intelligences (modes opératoires naturels chez Yves Richez). Cela conduit Ramus à cautionner des visions traditionalistes et à ne pas comprendre du tous les démarches dialectiques de Freud qu'il accuse de pseudo-scientifique, ni de Wallon qu'il ne pense probablement pas mieux.

Même si Binet est conscient des problèmes philosophiques générés par ses tests sans jamais eu le temps de les développer et même si Ramus est conscient de l'importance de l'enfant dans son environnement, il n'en reste pas moins qu'ils sont enfermés dans un biologisme soit dans des démarches techno-scientistes.

Ainsi, le rationalisme n'est pas unique. Il y a moult rationalismes : Descartes, Marx, Taylor ... etc.

Le rationaliste n'est pas forcément matérialiste comme Descartes.
Et on sait qu'il y a divers matérialistes.

Or, les matérialistes vulgaires d'aujourd'hui comme ceux d'hier restent enfermer dans le « techno-scientisme » par leur démarche de quantification par la mesure a priori, leur vision anthropologique biologisante et leur recherche de contrôle sur la nature par la technique ou de substitution de la nature par la technologie.
Ils tombent dans les mêmes travers que ceux qui refusent l'aspect quantitatif au profit de l'aspect strictement qualitatif naturaliste chez les modernes, spiritualiste chez les traditionalistes et relativiste chez les postmodernes.

Pourtant, il y a de quoi faire la synthèse comme le fait d'ailleurs Marx entre les modernes et les traditionaliste du XVIII à propos de l'Homme. C'est plus ou moins ce que fait mon petit schémas de la méthode et de la pensée scientifique sur mon site un peu beaucoup bordélique.

A priori<>A posteriori

Cellule<>Sphère

(cf aussi abstraction)

partie du Tout<>Tout

« Le terme de "cellule", souvent employé par Alexandre Zinoviev dans ses ouvrages littéraires et sociologiques, est emprunté au vocabulaire de la science biologique. 

Afin de comprendre le fonctionnement de certains organismes complexes appartenant au monde vivant, il convient de commencer par étudier l'élément minimal de l'ensemble possédant des propriétés essentielles au tout; 

ce premier travail constitue la base sur laquelle s'édifient de nouvelles recherches concernant des parties plus complexes des organismes vivants étudiés par le biologiste.

Selon Alexandre Zinoviev, afin de comprendre une société de type communiste (socialiste), il est nécessaire de commencer son travail en analysant la partie minimale possédant des traits communs au tout : la cellule » (Fassio, 1988, 130)

  •   Fassio, F. (1988). Alexandre Zinoviev - les fondements scientifiques de la sociologie. La Pensée Universelle.

Commencement : cf Origine

Concept

Réalité ou fiction ?

=> Commentaire facebook sur un prétendu matérialisme scientifique de Denis Collin :


Bunge voit dans le concept une inexistence. Je lui donne a priori tout à fait raison. Je n'ai d'ailleurs jamais rien compris à ce terme.

Cependant, en tant que matérialiste ça lui pose un problème. Il fait ainsi du concept une fiction.

Mais, l'erreur de Bunge est d'amalgamer concept (idée abstraite) et théorie (concret pensée). Pour sauver son matérialisme scientifique, il sépare le concept (la fiction) et la chose réelle (le réel).

Pourtant, le concept ne naît pas spontanément dans le cerveau. Ce serait selon moi des représentations d'un moment qui a perdu sa configuration originelle et qui ont été figées en éléments imaginaires ou en éléments pratiques.

De ce fait, contre Bunge, Collin a raison de dire que le corps et la psyché bien que un peuvent ainsi être étudiés séparément comme le prouve la biologie et la psychologie. Les phénomènes psychologiques ne sont pas moins réels que les phénomènes biologiques.

Je m'aperçois que Marx a passé sa vie à démystifier nos représentations abstraites et à dépasser de ce que l'on fait du réel.
Notre langue alpha-syllabaire très abstraite et notre représentation par l'Être et la Mesure ont conduit à mystifier ce qui nous entoure et à les figer dans des concepts.
Ainsi même si les choses semblent être a priori dans l'immédiat un concept, l'élément du concept a a posteriori une origine réelle dont sa représentation a été perdue au cours du temps.

Contrairement à ce que prônent les post-modernes, le sexe et la race n'ont rien d'un concept même si il y eu conceptualisation basée sur une réalité qui a légitimé une « domination » de l'homme sur le femme, du civilisé sur le barbare. 

La déconstruction du dit concept par les post-modernes conduit à ne plus voir le réel et donc à substituer des dits concepts de domination par d'authentiques concepts de soumission à l'Idée.

Le rôle du scientifique est de découvrir le réel NON PAS en déconstruisant les concepts mais en le démystifiant et en les dépassants soit en construisant une représentation du réel.


Ça passe par « la méthode du passage de l'abstrait au concret » théorisée dans la thèse d'Alexandre Zinoviev en 1954 d'après le Capital de Karl Marx.

La réalité des concepts

« Il ne faut donc pas gagner le réel avec nos concepts, mais étudier les concepts à même le réel. »

  • Commentaire de Jean-Baptiste FOURNIER sur Concepts : Introduction à l'analyse de Jocelyn Benoist (Flammarion, 2013) :


Contradiction

Les contradictions sont des phénomènes qui s'excluent mutuellement. Selon le langage courant une contradiction est une absurdité. En logique, la contradiction montre une incompatibilité entres une ou plusieurs propositions. Cependant, la logique complexe mettant en oeuvre la dialectique ne rejette pas les contradictions contrairement à la logique formelle. La contradiction est un principe dialectique. Elle est la force motrice de tout système.

A la fin des années 1940, il existe un débat opposant logique dialectique et logique formelle[1]. Or, ce débat n'a aucun sens[2]. Mais, même si la logique formelle n'est plus rejetée comme une pensée petit-bourgeoise, la dialectique est encore niée, mal vue ou rejetée dans le domaine de la logique classique et des sciences dont les scientifiques sont influencés par les pensées évolutionniste (ex : sociobiologie, évopsy...), empiriste (ex : ingénierie, neuroscience...) et pragmatique (ex : éducation, ...).

Dialectique et science

La dialectique n'exclut pas la logique formelle. La logique formelle est contenue dans la dialectique. Mais contrairement à la dialectique, elle reste dans l'instantanéité et ne prend pas en compte les phénomènes en interactions et évolutifs dans le temps. La logique formelle est donc limitée dans son application sur les grands systèmes. En effet, dans les domaines scientifiques, il est courant de rencontrer des situations qui paraissent incongrues ou inintelligibles du point de vue de la logique[3] comme l'observation de zones extensives en montagne formée par un mouvement compressif. La dialectique du point de vue matérialiste et scientifique permet de comprendre et ainsi de dépasser les contradictions. "Il est utile de considérer la contradiction comme l'opposition de tendance (antagonisme) entre les éléments impliqués dans un processus évolutif (et non comme impossibilité logique), ce qui donne lieu à l'un des principes de la dialectique, la « force créatrice de la contradiction »".[3]. Ce sont essentiellement des phénomènes dynamiques de natures cycliques ou quasi-périodiques dont l'amplitude dépend de la configuration de départ.

Citations

Henri Wallon

=> La vie mentale, Dr H. Wallon, éd. Editions sociales, 1982, chap. Les sentiments et leur ambivalence, p. 320 :

« Par suite des circonstances ou de leur tempérament, leurs tendances affectives l'emportent d'habitude sur le contrôle intellectuel. Or la vie affective présente certaines particularités essentielles que doit connaître quiconque peut-être en rapport avec eux. Suivant, l'expression proposée par Freud, il y a "ambivalence" dans tout sentiment, c'est à dire qu'il est à la fois lui-même et son contraire.

Par exemple, l'amour ne peut pas se développer sans développer simultanément des germes de haine, qui opèrent en sourdine ou se manifestent par épisode et qui peuvent même servir de stimulant à l'amour.Le besoin de faire souffrir, souvent avec raffinement, est un trait inévitable de l'amour, de même que des sentiments intermittents de vive hostilité et d'intolérance. Il n'est pas exceptionnel que le sentiment induit finisse par prendre la place du sentiment initiale; la haine la place de l'amour ou inversement. »

=> Psychologie et dialectique - écrits de 1926 à 1961, Henri Wallon, éd. Messidon, 1990, partie Pour une encyclopédie dialectique, p. 124 :

« Il faut choisir entre l'éclectisme et la dialectique. Au lieu de juxtaposer, de contaminer, de brouiller entre elles les contradictions qui peuvent-être dans les idées et dans les choses, il convient de les reconnaître, de les pousser à leur dernier degré de précision; de chercher comment la vérité s'en accommode, comment elles se résolvent dans la réalité. »

J.B.S. Haldane

=> In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalit Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques,, 2012, p. 81

« Lorsque nous trouvons des « contradictions internes » dans nos conceptions des choses, notre esprit reflète la nature. Mais ces contradictions internes ne signifient pas que la nature est irrationnelle. Elles signifient qu’elle est instable. »

=> In Simon Gouz, Biologie, philosophie et marxisme. Textes choisis d’un biologiste atypique (1940 in Rationalit Annual), J.B.S. Haldane, éd. Éditions Matériologiques,, 2012, p. 81 :

« La nature est probablement infinie, certainement trop étendue pour que nous la saisissions entièrement. Donc notre explication de n’importe quel phénomène matériel est une simplification. Nous pensons naturellement aux choses comme étant nettement délimitées, et dès lors tendons à exagérer leur stabilité. Cependant, plus nous étudions la nature, plus nous voyons que ce qui est apparemment stable se révèle être le champ de bataille de tendances opposées.»

Évariste Sanchez-Palencia

=> Promenade dialectique dans les sciences, Évariste Sanchez-Palencia, éd. Hermann, 2012, partie Pragmatique et dialectique, p. 6 :

« Il est utile de considéré la contradiction comme l'opposition de tendance (antagonisme) entre les éléments impliqués dans un processus évolutif (et non comme impossibilité logique), ce qui donne lieu à l'un des principe de la dialectique, la « force créatrice de la contradiction ». »

Notes

Consilience

La consilience signifiant Sauter ensemble est un terme du philosophe William Whewell pour désigner le type de démonstration qui apparaît lorsque de nombreuses sources indépendantes concourent à cerner un phénomène historique particulier.

La « Consilience de l'induction » est la stratégie qui consiste à coordonner les résultats disparates provenant de diverses sources.

Le terme a été popularisé par Edward Osborne Wilson dans L'unicité du savoir. Il considère la consilience comme l'une des quatre qualités attachées à la science avec :

  • la parcimonie : moins il y a d'éléments et de processus pour rendre compte d'un phénomène, mieux c'est.
  • la généralité : plus le modèle recouvre de phénomènes, plus il a des chances d'être vrai (ex : le tableau de Mendeleïev).
  • la prédictibilité : les théories qui durent sont celles qui font des prédictions précises sur beaucoup de phénomènes.
  • la consilience : les éléments et les processus d'une discipline donnée qui sont conformes aux connaissances solidement établies d'autres disciplines s'avèrent supérieures - dans la pratique et la théorie - à ceux qui ne sont pas conformes.

Or, d'après Le renard et le hérisson de Stephen Jay Gould, la consilience de Edward Osborne Wilson de L'unicité du savoir se réduit au réductionnisme, c'est-à-dire à une conception linéaire et absolue des domaines du savoir. La consilience de Wilson diffère de la consilience de Whewell et de Gould qui est nature dialectique.

Référence

  • Stephen Jay Gould, le renard et le hérisson: comment combler le fossé entre la science et les humanités ? (2003), éd. Point, 2012
  • Stephen Jay Gould, La Vie est belle - Les surprises de l'évolution, éd Point, 2001, E.O. Wilson, L'Unicité du savoir, Robert Laffont, 2000

Articles connexes

La dialectique contemporaine et la science

Après 1945, à la suite de la caricature du matérialisme dialectique (le diamat) et l'affaire Lyssenko, la dialectique est fortement et diversement critiquée par les philosophes (Jean-Paul Sartre) et les scientifiques (Jacques Monod, Guillaume Lecointre 1). Aujourd'hui certains philosophes comme Lucien Sève ou Jean-Marie Brohm remettent en avant la dialectique mais de manière philosophique dans le cadre strictement de l'action humaine, la praxis. Ils rejettent la dialectique de la nature et positiviste ou matérialiste et l'existence des lois scientifiques déterminées naturellement et existantes en dehors de l'action de l'homme. Cependant après guerre, quelques-uns (Richard Lewontin, Stephan Jay Gould, Alexandre Zinoviev, Patrick Tort…) la reconnaissent ouvertement dans leurs études et l'objet de leurs études. Au Bertell Ollman, Pascal Charbonnat ou encore Évariste Sanchez-Palencia en lien avec le matérialisme dialectique initié par Marx, Engels et Dietzen.

Ainsi, la dialectique permet dans les sciences de rendre intelligibles et abordables des contradictions (tendances antagoniques), c'est-à-dire des situations insolites et paradoxales que l'on rencontre dans les observations et les expériences scientifiques15.

« A la rigueur, ce contenu dialectique est changeant avec le progrès des sciences, car en un certain sens, ce contenu est la science elle-même, dont les principes constituent des abstractions.

Voici l'énoncé de ces principes [dialectiques], essentiellement dus à F. Engels (1878), sous la forme donnée par J.M Brohm (Les principes de la dialectique, 2003):

  1. Mouvement et transformation.
  2. L'action réciproque (ou interdépendance, dite aussi unité dialectique)
  3. La contradiction, force créatrice
  4. Le passage du quantitatif au qualitatif (bonds et ruptures).
  5. La négation de la négation : thèse, antithèse et synthèse (ou principe du développement en spirale).

Notons que Georges Politzer (1936) regroupe les principes 3 et 5 en un seul. Cela ne présente aucun inconvénient, puisque le contenu des principes n'a pas encore été défini. Qui plus est, l'évolution de nos connaissances scientifiques conduit à une révision permanente du contenu de ces principes. C'est ainsi que […], pour les phénomènes faisant intervenir l'évolution d'au moins trois agents, un nouveau principe, « des comportements erratiques sur l'attracteur » mettant en œuvre des découvertes (le chaos déterministe) datant seulement d'une trentaine d'années, et donc totalement inconnues d'Engels ou de Politzer16. »

La dialectique matérialiste a trouvé dans la biologie un certain nombre d’arguments (cf JBS Haldane, Richard Lewontin, Stephen Jay Gould). Par le fait que les êtres vivants, déterminés par leurs bases physico-chimiques fluctuantes (voir Prigogine) et un certain contenu en information, sont soumis à des changements incessants, aussi bien sur le plan de leur structure (métabolisme) que de leur évolution, le concept de dialectique, au sens qui avait été donné par Engels dans la dialectique de la nature, a pu être appliqué17.

Selon Évariste Sanchez-Palencia, la dialectique permet de résoudre des problèmes scientifiques contradictoires, insolites et paradoxaux dans tous les domaines de connaissances dont les mathématiques appliqués. « Mais, c'est surtout la sociologie et la psychologie de la recherche, les méthodes de productions de connaissances, si éloignés d'une logique communément admise mais très peu convaincante, qui peuvent trouver dans la dialectique un cadre permettant une ébauche de cohérence. »18 En effet, « la dialectique n'est pas une logique avec des lois strictes, mais un cadre général dans lequel s'inscrivent les phénomènes évolutifs ».

  1. Guillaume Lecointre, Préface de l'Histoire des philosophies matérialistes de Pascal Charbonnat, éd Syllepse 2007 (Kimé, 2013) [archive]
  2. Évariste Sanchez-Palencia, Promenade dialectique dans les sciences, éd. Hermann, 2012, 
  3. Évariste Sanchez-Palencia, Promenade dialectique dans les sciences, éd. Hermann, 2012, partie Pragmatique et dialectique,
  4.   Georges Chapouthier, Information, Structure et Dialectique chez les êtres vivants. La Pensée, août l978, Gallica [archive]
  5. Évariste Sanchez-Palencia, Promenade dialectique dans les sciences, éd. Hermann, 2012, p. 7

La dialectique hégélienne 

« J'ai critiqué le côté mystificateur de la dialectique hégélienne il y à près de 30 ans, à une époque où elle était encore à la mode. 

Mais au moment même où je rédigeais le premier volumume du capital, les épigones grincheux, prétentieux et médiocres qui font aujourd'hui la loi dans l'Allemagne cultivée se complaisaient à traité Hegel comme le brave Moses Mendelssohn avait, du temps de Lessing, traité Spinoza, c'est-à-dire en « chien crevé ». Aussi me déclarais-je ouvertement disciple de ce grand penseur [...]. 

La mystification que la dialectique subit entre les mains de Hegel n'empêche aucunement qu'il ait été le premier à en exposer les forme générales de mouvement de façon globale et consciente.» (Karl Marx, intro du Capital)

Hegel
contre l'être et le commencement

« Si, pour Hegel, la question de l'être n'est qu'un moment abstrait (l'être n'est pas l'absolu), pour Heidegger, la dialectique échoue à se prononcer sur l'être même de la dialectique. »

problématique pour Heidegger :
« La dialectique hégélienne ne rendrait pas raison d'elle-même : elle
* ne dévoile pas ontologiquement le ne...pas,
* ne justifie pas la négation,
* n'en fait pas un problème. »

problématique pour Blanchot :
« la dialectique hégélienne ne questionne pas sa propre provenance, en montrant que la « question d'ensemble », qui est la question de la dialectique et qui prétend poser toutes les questions questionne tout hormis sa propre origine.»

problématique pour Derrida :
« la dialectique ne peut plus être une chose parmi d'autres »

=> Pagès, C. (2015), Qu'est-ce la dialectique ? (p. 52-53). Vrin.

Astuce :

En fait, selon moi, pour sortir des questions ontologiques, si vous n'êtes aucunement sensibles à la dialectique, je vous envoie du côté des sociétés dont l'être n'existe pas ou n'est pas un absolu.

C'est le cas de la Chine où les regards et les représentations sont spontanément matérialiste et dialectique.

Je crois aussi que Heidegger, Blanchot et Derrida amalgamene ici origine et commencement.

En effet,

* La question du commencement va au théologie soit au fidèle de l'Être. Le commencement est une naissance dont de l'être. Il répond à la question du pourquoi
* L'origine va aux matérialistes et aux scientifiques. L'origine est un procès. Il répond à la question du comment.

Cependant, le scientifique va a posteriori à la question du pourquoi soit au moment et au lieu de l'émergence de l'objet d'étude.

Normalement lorsque que le cadre globale est appréhendé l'être y est déjà exclu du sujet.
Mais, les scientifiques dont les empiristes réintroduisent l'être dans leur objet d'étude par la mesure a priori.
Ce qui fait que l'on tombe donc dans l'incompréhension de la dialectique par les scientifiques.

Il y a ainsi une incompréhension du « processus » à appréhender dans sa totalité et de la « méthode » qui met à jour les contradictions.

Les chemins de l'hégélianisme éclaircissement de ma dialectique

(1)_ Chemins de l'esprit critique de la religion

* histoire en religion : David Strauss, Bruno Bauer
* athéisme philosophique : Ludwig Feuerbach

(2)_Chemin de la philosophie de l'action imminente : August von Cieszkowski (histoire globale)

* Radicalisme : Moses Hess, Bakounine, Alexandre Herzen

* Bolchevisme : in crise historique du XX

(3)_ Chemins de l'esprit critique de la politique et de l'action transcendantaliste :

* individualisme : Max Stirner
** nihilisme (bordélisme)
** anarchisme individualiste (égoïsme)
** existentialisme (passivisme) : Sartre
** libertarien (flagornisme)
** postmodernisme (égocentrisme) : Foucault/Lyotard/Althusser/Lacan/Derrida, Butler

* sionisme : Moses Hess (se tourne vers la lutte des races et des nationalités contre la lutte des classes réduite aux facteurs économique; père de la phrase « la religion est l'opium du peuple » mais retours à un panthéisme spinozien suite à l'anti-sémitisme croissant)

* libéralisme / fascisme : Arnold Ruge (bismarkien), Benito Croce (libéral, fasciste honteux et anti-fasciste complexé) / Giovanni Gentile (libéral et théoricien du fascisme)

(4)_ Chemin de la critique de l'esprit critique vers une transformation silencieuse (athéisme réel, regard/praxis, communisme individuant)

* matérialisme dialectique : Marx, Engels

Ainsi quand je parle de Hegel et de la dialectique c'est le chemin qui est tracé par (4) soit le chemin défriché de l'Être.

Sur Les chemins 1, 2, 3 subsistent encore l'être sous divers formes (esprit, action, égo, propriété, état).

Au XX, on a cherché à ontologiser Marx notamment par Spinoza, mais aussi par la religion entre autres.

De ce fait, il existe très peu de personne parmi les marxistesout les communistes qui sont à la fois matérialiste et dialecticien comme le sous-entend ma bibliographie sur le matérialisme dialectique.

Disparité

La disparité en biologie caractérise le nombre de plans anatomiques différents. Elle peut caractériser aussi bien les différences anatomiques entre les embranchements que les différences anatomiques entre des espèces et des groupes d'espèces identiques ou non. Elle est souvent confondue avec la diversité, qui caractérise le nombre d'espèces dans un groupe.

Je l'emploie souvent pour désigner les différences entre les individus et les groupes dont l'ensemble forme « les disparités bio-psycho-sociologique de l'humanité ».

Faits<>Théorie et Erreurs<>Vérité

Alexandre Zinoviev

Ce n'est qu'une accumulation de faits. Or, ce n'est pas la vérité, puisqu'il se trouvera à coup sûr d'autres faits dont la description contredira celle-ci. La vérité n'est pas dans la juxtaposition de ce genre d'écrits.

  • La maison jaune, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1982, t. 1, p. 89

Ce qui s'oppose à la vérité, ce n'est pas une autre vérité, mais l'erreur.

  • La maison jaune, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1982, t. 1, p. 89

Tout le problème, actuellement, c'est d'avancer une méthode de compréhension, dit le Sot. L'information, les gens en ont à revendre, mais ils sont incapables d'extraire des vérités qui comptent. Ils se contentent de vivre à un niveau superficiel d'observation et de généralisation très primaires. Personne n'est capable d'approfondir son analyse jusqu'aux mécanismes essentiels de ce qui se passe. Cependant, un tel approfondissement obéit à des règles, qui ne sont pas très compliqués.

  • La maison jaune, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1982, t. 1, p. 117

Ce qui s'oppose à la vérité, ce n'est pas une autre vérité, mais l'erreur.

  • La maison jaune, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1982, t. 1, p. 89

Homologie 

Citation sur l'Homologie

STEPHEN JAY GOULD

=> Gould, J.-S. (1993), Le Sourire du flamant rose (p. 397). éd point. (1ère éd. 1985 or., 1988 fr.).

« Des éléments de deux organismes sont « homologues » lorsqu'ils représentent la même structure, selon le critère de descendance évolutive, à partir d'ancêtre commun.

Aucun concept n'est plus important pour permettre de débroussailler les voies de l'évolution car les homologies témoignent de la généalogie et de fausses conclusions en homologie conduisent à l'établissement d'arbre généalogiques incorrects.

Les structures homologues ne se ressemblent pas nécessairement : les exemples classiques d'homologie mettent précisément en évidence que la ressemblance structurelle [les analogues] n'est pas un critère suffisant, puisque la forme et la fonction des organes homologues sont toutes deux différentes dans les exemples que l'on cite toujours.

L'un d'eux consiste en l'homologie du marteau et enclume (deux os de l'oreille moyenne des mammifères) avec l'os de l'articulation de la mâchoire des reptiles;
de même les poumons des vertébrés terrestres sont les homologues de la vessie natatoire des poissons osseux. »


HENRI WALLON cité par EMILE JALLEY :

=> in Jalley, E. (2013). Wallon et Piaget pour une critique de la psychologie contemporaine (p.256-257). Harmattan (Questions contemporaine)..

« En fait, « la connaissance procède l'action sur les choses avant de la guider. »

Et la science en tant que « conscience des rapports entre le réel et la pensée », est adaptation active des cadres de la connaissance à l'objet, « réaction » des forces humaines en réponse aux forces de la nature, selon un cycle d'interactions.

C'est « une création, non pas une continuité [E. J. : théorie de Descartes], mais perpétuelle et progressive qui rend compte à la fois du monde et de la science. Entre les deux, il y a continuité, foncière identité ».

C'est pourquoi, les lois de la pensée sont en homologie essentielle, en conformité avec celles de l'univers : « sans dialectique dans le monde, il n'y aurait pas de dialectique dans la pensée. Il faut bien que la pensée du monde soit inscrite par le monde dans la pensée ». »

Mouvement et transformation dialectique des choses.


Commentaire facebook :

J'ai déjà parlé ci-dessous des analogies qui permettent de classer ou d'abstraire les choses qui se ressemblent par leurs fonctions ou d'autres grandeurs identiques bien que différentes dans le fond.

Les éléments analogiques sont relativement identiques mais absolument différents.

Ainsi, les analogies sont le plus souvent trompeuses ou fausses. D'ailleurs, les médias et l'historiographie occidentale les utilisent de manière idéologique contre les ennemis de l'ordre en place. Ces analogies fausses génèrent les préjugés.

Il n'est pas simple d'utiliser scientifiquement les analogies : Quand le pseudo-historien utilise l'analogie idéologique ça tombe sur : (1) Staline = Hitler ou des équivalences. Or, quand on utilise de façon objective l'analogie, on obtient (2) Cromwell = Napoléon Ier = Staline. (1) est est une analogie fausse tandis que (2) est une analogie vrais.

Pour reprendre cet exemple classique de l'historiographie occidentale qui dominent les médias, ça appose côte à côte communisme et nazisme, lutte des classes et luttes des races, Staline et Hitler,..etc.
Tel un enfant, un historien idéologue compare les deux systèmes et met en avant les ressemblances. Avec les similitudes qui ressortent de ce tri, le pseudo-scientifique construit une origine commune entre les deux. Les moins armés méthodologiquement tombent facilement dans le piège de la fainéantise d'esprit que génère la logique analogique sur la base des commencements des choses (le pourquoi des choses).

Cette façon de trier les choses en partant du pourquoi des choses c'est à dire d'expériences ou d'observations (la tête à toto) sur la réalité ne permet pas de comprendre l'origine ou le comment des choses (0+0) dans leur mouvement et leur transformation. Les analogies sont par nature anti-historiques d'où la facilité à construire une image totalisante et réductrice à des fins idéologiques.

Bien que les faits soient têtus, Les apparences sont aussi trompeuses.

Epistémologiquement, un fait ne fait pas un fait scientifique. L'objet d'étude est donc à voir dans son développement historique c'est à dire dans tous ses mouvements internes et son changement global. Un état X et un état Y sont dits homologue lorsqu'il y a une transformation de l'état X à un nouvel état Y. Il n'existe pas de cause à effet entre l'état X et l'état Y. Le passage entre l'un et l'autre n'est pas linéaire. Une fois un stade dépassé, il ne peut exister de retours en arrière.

La classification des choses par l'homologie est donc moins commode que l'analogie.

La nageoire des poissons, les ailes des oiseaux et les membres des mammifères sont homologues. Contrairement à l'analogie, le rapport entre les états homologues n'est pas la fonction. Il implique cependant un rapport de parenté ou un lien phylogénétique entre ces divers états. Dans l'exemple sur les membres des vertébrés, on observe facilement les similitudes. Par contre mettre en lien un os de la mâchoire d'un batracien et un os de l'oreille interne des mammifères est beaucoup plus difficile à mettre en lumière. Cependant, on y observe en apparence à la fois l'ancien et le nouveau.

Ainsi pour reprendre mes exemples classiques des sociétés type communautaire (sociétés primitives et féodales, et pays communistes du XX) et des sociétés type professionnel (pays capitaliste/impérialiste et future société communiste selon la définition de Karl Marx) :
Ainsi pour résumé :
* les sociétés impérialistes du XX (1880-1989) sont homologue aux sociétés capitalistes du XIX.
* les sociétés communistes du XX (1914-1982) sont homolgues aux sociétés impériales colonialo-féodales ou tribales précédentes.

Par ce concept d'homologie, on observe clairement que les phénomènes existant à l'intérieur de la société impérialiste sont le fruit d'une élévation des phénomènes sociologiques qui dominaient la société capitaliste du XIX (eugénisme, colonialisme, éducation scolaire bourgeoise et militarisée, eugénisme... etc). Ce processus de transformation est une fascisation qui devient visible dès les années 1880 pour devenir mature dans les années 1920 avec l'apparition de politiques en adéquation avec la société impérialiste. Les phénomènes immanents décrites dans la société capitaliste par Marx au XIX que l'on peut nommer "lutte des classes" est au summum dans la société impérialiste au XX. La société nazi a atteint le plus haut degrés de progrès et d'ordre jamais atteint jusque là dans l'histoire des pays occidentistes/capitalistes dépassant et menaçant ainsi directement l'empire Anglais et Américains.

La société communiste du XX est le fruit de la société tsariste pour reprendre l'exemple de l'URSS. Ce passage de l'une à l'autre c'est produite selon une substitution des phénomènes sociologiques qui dominaient la société tsariste avec pour conséquence leurs élargissements dans toute la sphère de la société (de la base au sommet), non plus au stricte milieu du pouvoir et de l'administration comme dans une simple bureaucratie ou milieu de gestion.

La différence entre les sociétés impérialiste et communiste du XX ne sont pas qu'idéologique dont l'une part du darwinisme sociale et du relativisme social (fascisme), et l'autre du lamarckisme sociale et de l'anarchisme. Elle vient des phénomènes objectifs de société dont la source est pour l'une est à rechercher dans la société capitaliste et l'autre dans la société tsariste.

Cependant, l'état nouveau n'est pas une substitution du nouveau par l'ancien.

Les éléments anciens (ex: religion, culte et tradition) n'existent plus en tant que telle qu'elle existait dans son ancien état. Ils existent dans un état nouveau comme une négation des éléments anciens de l'ancien état (ex: république, fête et folklore). Même les éléments les plus traditionalistes qui mettent en avant le passé contre le moderne sont des produits de l'état nouveau.

Les éléments nouveaux de l'état nouveau sont issus à la fois d'une transformation progressive d'éléments anciens adaptés au nouvel état (spéciation et diversification); et d'éléments absolument nouveaux (ex : le pouvoir des commencements, industrialisation) accumulés de l'ancien état qui apparaissent comme une précipitation spontanée et qui rentrent en contradiction avec l'ancien état (ex : tradition/progrès, révolution agricole/révolution industrielle, individu/collectif, sphère communautaire/sphère professionnelle, nature/société), voir même avec des éléments du nouvel état.

Dans un système globale, cette disparité d'éléments nouveaux accumulé dans l'état ancien conduit à un summum vers un nouvel état niant totalement l'ancien état malgré des éléments témoins du passé.

Il n'existe pas de frontière ou de séparation entre l'ancien état et le nouvel état. Il y a simplement une interpénétration de l'ancien et du nouveau qui génère une mayonnaise qui n'a plus rien de l'huile, de l'oeuf ni de la moutarde !

Bibliographie :

Revault d'Allonnes, M. (2012). Pouvoir des commencements. Essai sur l'autorité. Point. (1ère édition en 2006).
Traverso, E. (2003). La violence nazie : Essai de généalogie européenne. La Fabrique.
Zinoviev, A. (1981). Nous et l'occident (pp. 160-161). L'Âge d'Homme

Matérialisme 

Le matérialisme englobe toutes les philosophies dites matérialistes qui affirment que la substance du monde est de nature matérielle et immanente, c’est-à-dire que « rien ne se crée, rien ne se perd », les éléments de la nature et leurs phénomènes se suffisent à eux-mêmes, à leur formation, à leur mouvement et à leur développement. Il s'oppose aux philosophies de la transcendance qui sont le spiritualisme et l'idéalisme.

Le matérialisme n’a ni lieu, ni a priori d’histoire. Il y a d’ailleurs rejet et occultation des philosophies matérialistes[1]; dans l’histoire des philosophies qui est ainsi dominée essentiellement et absolument par les philosophies transcendantes donnant une hégémonie aux religions et à l’idéalisme dans l’histoire et la pensée de l’humanité globale. Ainsi, cette universalité, étendue dans le temps et dans l’espace, fait que le matérialisme n’est pas une philosophie ou un courant de pensée en tant que tel mais autre chose situé en dehors de l’histoire et de la ligne de dichotomie entre transcendance et empiriocriticisme, ou entre métaphysique et expérience physique. Les contradictions de la société pesant sur cette ligne dichotomique au cours du temps sont à l’origine du matérialisme. Les philosophies matérialistes en tirent une vision qualitative du monde réel (nature et société) basé sur lui-même et non des finalités ou des résultats prônant la complexité ou l’impossibilité de découvrir le monde global par lui-même bien que le monde et son étude soient complexes.

Les amalgames

Les matérialismes sont souvent confondus avec de nombreuses doctrines dans leur acception seule. Ainsi, l’atomisme, le monisme, l’utilitarisme, l’athéisme, le réalisme et même la seule matière ne sont pas suffisants à eux-seuls pour être classés en tant que matérialismes. D’autre part, les matérialismes sont parfois assimilés à d'autres courants de type hédoniste tels que le libertinage que le langage courant classe sous le terme d’épicurisme. Enfin, on a pu classer parmi les matérialistes des philosophes dont les conceptions sont encore naturalistes comme Spinoza, D'Alembert, Helvétius ou Friedrich Nietzsche.

D’où l’importance de reconnaître ce que n’est pas le matérialisme autant que ce qu’est le matérialisme. En effet, le matérialisme est autant un débat entre les autres philosophies impliquant une transcendance qu’un véritable système de pensée impliquant les avancées scientifiques.

Ce qui n'est pas du matérialisme car subsistant en leur seins de l'idéalisme ou du spiritualisme : Réductionnisme, Naturalisme, Libertinage, Vitalisme, Fatalisme, Nécessitarisme, Monisme, Irréligion, Atomisme, Empirisme, Athéisme, Fixisme, gradualisme, cartésianisme, spinozisme, utilitarisme, scientisme, positivisme, nietzschéanisme… etc.

Mots liés à la philosophie matérialiste

Liste non exhaustive :

  • Trinités matérialistes ("-" chaïne inaliénable) :
    • esprit-âme-corps ;
    • atome-énergie-mouvement;
    • atomisme-empirisme-irréligion ;
    • monisme-réalisme-science.
    • ...
  • Causes et conséquences : scepticisme (le doute), cynisme (l'insoumission), épicurisme (libération du corps), athéisme (abolition de dieu), science (critique et opposition), évolution (transformation), dialectique (contradiction).
  • Antagonismes
    • Matérialisme/ spiritualisme, idéalisme
    • Immanence / transcendance
    • Monisme / Dualisme
    • Sensible / Insensible
    • Origine / Commencement
    • Détermination, déterminisme / Prédestination
    • Hasard, contingent, nécessité, dialectique, évolutionnisme / nécessitarisme, fixisme, dessein, providence, intention, volonté
    • Mécanisme, Phénomène, Processus / "Nouveau Réalisme" (Inexistence du Monde)
    • Objectivité / Subjectivité
    • Dialectique / Evolutionnisme (pensée linéaire)

Origine<>Commencement

L'origine (du latin origo, « la source ») est au premier abord le moment initial de l'apparition d'une chose, c'est-à-dire la naissance historique de cette chose, le commencement de cette chose. Cependant, cette définition délaisse l'aspect logique et dynamique de ce mot. 

Ainsi, l'origine est également l’ensemble des phénomènes obéissant à des lois qui expliquent l'apparition et le développement des choses. Ce qui pose des problèmes d'ordre philosophique :

« Si par origine on entend un premier commencement absolu, la question n’a rien de scientifique et doit être résolument écartée… Tout autre est le problème que nous posons. Ce que nous voudrions, c’est trouver un moyen de discerner les causes, toujours présentes, dont dépendent les formes les plus essentielles de la pensée et de la vie religieuse. Or ces causes sont d’autant plus facilement observables que les sociétés où on les observe sont moins compliquées. Voilà pourquoi nous cherchons à nous rapprocher des origines », écrit Durkheim1.

Dès lors, il y est préférable de distinguer l'origine du commencement. Dans ce cas :

  • L'origine correspond aux processus constitutifs expliquant l'apparition des objets2. L'origine pose la question du comment des choses.
  • Le commencement est la manifestation spatiale et temporelle de la naissance de ces objets2. Le commencement pose la question du pourquoi des choses.

Ainsi, dans l'histoire du questionnement de l'origine, les notions d'origine et de commencement qui sont d'abord deux conceptions philosophiques similaires ont, à partir du XVIe siècle, grâce aux découvertes scientifiques de Newton sur la gravitation, tendance à se séparer et devenir de plus en plus indépendantes. 

La notion du commencement va aller aux théologiens, idéalistes, créationnistes... tandis que la notion de l''origine va aller à la philosophie matérialiste et aux sciences.

Cependant, le développement des résultats empiriques des sciences redécouvre le commencement mais de façon objective et immanente. Ainsi :

« Plus les sciences progressent dans la compréhension du commencement de tel ou tel objet, plus le caractère abstrait de la thèse matérialiste concernant l'origine s'amenuise, à mesure que celle-ci puise ses arguments dans les résultats de la connaissance empirique. À terme la philosophie matérialiste dépérira derrière les théories du commencement, qui montreront comment le principe logique (l'origine) et la naissance historique (le commencement) ne font qu'un dans la réalité. La représentation immanentiste de l'origine ne sera alors plus qu'une redondance. »3

Bibliographie

  • Généralité
    • Pascal Charbonnat, Quand les sciences dialoguent avec la métaphysique, éd Vuibert, 2010.
  • Sur le commencement des choses
    • Trinh Xuan Thuan, Origines: Nostalgie du commencement, Éditions Gallimard, 544p, 2006
  • Sur l'origine des choses
    • Pascal Charbonnat, Guillaume Lecointre (préface), Histoire des philosophies matérialistes, éditions Syllepse, 2007, 650p.

Liens externes

Notes

  1. Émile Durkheim, Les formes élémentaire de la vie religieuse [archive], édition libre de l'uquac, a et b retranscrit exactement de Pascal Charbonnat, 2007, p37
  2. Pascal Charbonnat, 2007, p39

Le commencement (métaphysique)

En théologie et dans de nombreuses mythologies, on parle de l'origine du monde en tant que création du monde par le divin. Il est encore écrit dans les dictionnaires 2011, que Dieu est « l'être suprême, le créateur de l'univers... ». Dans ces visions religieuses et mythologiques cette création implique d'abord un commencement et une finitude, un discours sur la fin des temps (eschatologie), un Omega, une fin du monde, une fin de l'histoire... .

La conception aristotélicienne du monde implique un non-temps comme chez Thomas d'Aquin avec le concept d'aevum. Or, chez les Aristotéliciens, ce non-commencement, cette non-finalité sont des bribes fossiles de la philosophie matérialiste de l'antiquité. Cependant, ils mettent en place une divinité dans la construction et le premier mouvement du monde, incarnant ainsi dans le cadre de l'espace et du temps l'éternité de Dieu.

Ainsi, il y a rejet du concept de l'origine dans les créations transcendantes de la matière puisque l'explication de l'apparition des objets ne peut être que Dieu ou une autre entité transcendante. Le commencement et l'origine sont par conséquent confondus.

C'est ainsi, dans l'histoire des philosophies, que la notion d'origine est amalgamée au commencement. Or, ce même amalgame entre une origine (le comment) et un commencement (le pourquoi) existe encore dans tous les dictionnaires de 2011 et dans certains domaines comme la philosophie ou l'histoire par exemple.

L'origine

L'origine n'a ni commencement ni fin. Elle est éternelle en tout point de l'espace et du temps infinis.

Naturalisme immanent

Les naturalistes immanents comprennent la notion de l'origine. Mais ils refusent que le mécanisme du monde se meuve de lui-même tout seul. Dès lors, ils ont besoin d'une transcendance, c'est-à-dire d'un commencement pour expliquer le premier mouvement du monde comme un horloger qui lance le pendule. Cependant, ce sont les monistes immanentistes, s'opposant ainsi au dualisme (Descartes), qui vont ouvrir la voie de l'origine des choses aux matérialismes du XVIIIe siècle et à la révolution scientifique à la fin du XVIIIe et au XIXe.

Matérialisme et science

Ainsi, la philosophie matérialiste par l'étude du sensible et du monde réel, c'est-à-dire par l'intermédiaire d'une quantification et d'une abstraction (classification) des phénomènes, va et passe à la science, par une qualification et une concrétisation de l'origine des choses. La formation du monde dans les sciences comme dans les philosophies matérialistes passent par l'étude de l'origines de choses, c'est-à-dire par l'explication de ces choses par des phénomènes réels du monde réel.

Le philosophe matérialiste reste généralement seulement dans l'explicitation de l'origine. Cependant, le scientifique va justement à la découverte a posteriori du commencement. Il passe du comment des choses au pourquoi des choses que l'on nomme « déterminisme ».

PRAXIS

Suite à Origine :

De ce fait, la praxis scientifique est une dialectique origine-commencement. Contrairement aux matérialistes évolutionnistes, le matérialiste dialectique ose regarder en face la transcendance afin de la démystifier et la dépasser en remettant leur mode opératoire sur la tête.

En effet, le sens de la recherche de la nature des choses va :

Pour le transcendantaliste : du pourquoi au comment, du commencement à l'origine

Pour le scientifique : du comment au pourquoi, de l'origine au commencement

Dans le cadre du chaos déterministe soit dans un mouvement dialectique de la recherche, origine et commencement n'ont pas de sens linéaire et de logique strictement formelle, ils s'interpénètrent et s'interragissent entre eux jusqu'à la négation de l'origine et de la négation de la négation de l'origine engendrant ainsi de suite de nouvelles découvertes immanentes.

Pensée petite-bourgeoise 

La pensée petite-bourgeoise, hâtive et superficielle, est définie par opposition à la pensée scientifique, rigoureuse et dialectique.

Cette expression est née suite à la polémique envers Pierre-Joseph Proudhon sur La philosophie de la misère. Les propos de Karl Marx conduisent ainsi à mettre en lumière l'opposition entre ces deux types de pensée. Cet ensemble sera repris par Alexandre Zinoviev de façon plus comtemporaine.

Contrairement aux accusations, hâtives et superficielles, de « petit-bourgeois » dans les moments de schizophrénie et de paranoïa lors des crises historiques du XX (1914-1945; 1952-1984), l'expression de « Pensée petite-bourgeoise » est encadrée de manière rigoureuse et dialectique quand bien même acerbe.

Karl Marx ou la misère de la philosophie

1_ Sur les conceptions qui ne sont pas rigoureusement scientiques en économie politique :

Il veut planer en homme de science qu dessus des bourgeois et des propriétaires; il n'est que le petit bourgeois, balloté constamment entre le capital et le travail, entre l'économie politique et le communisme.

2_ Sur la préférence de l'illusion de la philosophie spéculative à la dialectique scientifique :

Au lieu de saisir les catégories économiques comme des expressions de rapports de production historiques qui correspondent à un niveau donné du développement de la production matérielle, sa divagation les transforme en idées éternelles, préxistantes.

Alexandre Zinoviev ou le communisme comme réalité

1. « D'un point de vue petit-bourgeois quelque chose de normal et naturel est "quelque chose" de bien. ce type de pensée ne fait pas de différence entre l'appréciation subjective des phénomènes et leur qualités objectives. » (éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 35) 

2. « L'homme qui pense en petit bourgeois remarque les faits directement observables et en tire aussitôt sans la moindre analyse des généralisations hâtive. Ses jugements sont subjectifs, c-à-d, qu'ils portent la marque de ses penchants personnels » (p. 35)

3. « La pensée petite-bourgeoise prétend voir ses résultats directement confirmés par les faits observables. La pensée scientifique au contraire sait que ses résultats ne coïncident pas directement avec les faits observables. Ils ne fournissent que des moyens à l'aide desquels on peut expliquer les faits concrets et les prédire. » (pp. 35-36)

4. « Le petit-bourgeois est enclin à faire passer ce qu'il ressent pour la vérité. » (p. 36)

5. « Cette façon qu'ont les esprits petits-bourgeois de confondre leurs appréciations subjectives avec la situation objective va tellement loin que la majorité des notions utilisés dans les conversations roulant sur des problèmes sociaux ont actuellement perdu leur caractère scientifique pour devenir de simples expressions d'estimation. » (p. 37)

6. « L'esprit petit-bourgeois considère la vie des autres comme s'il se trouvait dans leur situation, transposant sur eux son attitude, ses critères de jugement, ses sentiments. » (p. 37).

Bibliographie

  • Schwab, C. (1990). L'Héritage de Karl Marx (chap. 2.3). In Claude Schwab, Alexandre Zinoviev: résistance et lucidité. L'Âge d'Homme.
  • Zinoviev, A. (1981). Le communisme comme réalité. L'Âge d'Homme.

Pensée et esprit scientifique 

Pensée scientifique :

La pensée scientifique, rigoureuse et dialectique, selon Alexandre Zinoviev par opposition à la pensée petite-bourgeoise, hâtive et superficielle.

1_ « L'homme qui pense en scientifique cherche non seulement à constater les faits, mais, également à les analyser en tenants compte de leur hasard ou de leur nécessité, il tâche d'en analyser les lois que l'observation immédiate ne discerne pas et d'éliminer l'influence de ses propres penchants sur les résultats de ses réflexions. » (p. 35)

2_ « La pensée scientifique au contraire sait que ses résultats ne coïncident pas directement avec les faits observables. Ils ne fournissent que des moyens à l'aide desquels on peut expliquer les faits concrets et les prédire. » (pp. 35-36)

Esprit scientifique :

Même si science et idéologie s'opposent, la science a une fonction idéologique. Ce qui conduit à ce qu'elles s'interpénètrent générant des contradictions entre l'esprit scientifique et l'esprit anti-scientifique.

« La science actuelle ne se préoccupe pas seulement de rechercher la vérité. 

Sa part d'esprit scientifique, lequel ne ressemble nullement à la science telle qu'on la conçoit communément, est loin d'égaler celle d'un esprit antiscientifique hostile au premier, mais apparemment bien plus scientifique que lui. 

  • L'esprit scientifique produit des abstractions, l'esprit antiscientifiques les détruits sous-prétextes qu'elles ne tiennent pas compte de tel ou tel facteur.
  • L'esprit scientifique établit des notions rigoureuses, l'esprit antiscientifique, sous prétexte d'englober la multiplicité du réel, leur confère des sens divers.
  •  L'esprit scientifique évite d'utiliser les moyens dont il peut se passer. L'esprit antiscientifique fait feu de tout bois. 
  • L'esprit scientifique cherche à simplifier et à clarifier. L'esprit antiscientifique embrouille et complique. 
  • L'esprit scientifique s'efforce de banaliser ce qui parait insolite. L'esprit antiscientifique vise au sensationnel et aime entourer de mystère les phénomènes les plus ordinaires. 

Au début, l'un et l'autre (sous d'autres nom, bien sûr), peuvent être considérés comme parts égales d'une même science, mais bientôt l'esprit antiscientifique prend le dessus, exactement comme ces mauvaises herbes qui étouffent les plantes qu'on oublie de sarcler. » (p. 287)

« L'esprit scientifique se voit relégué au rôle pitoyable d'attribut inférieur. Or, on le supporte dans la mesure où il peut servir d'alibi à l'esprit antiscientifique. Mais, on s'efforce surtout de l'évincer comme une espèce de reproche insupportable pour une conscience coupable. » (p. 287)

« Ce qui signifie que l'on se trompe lourdement lorsqu'on espère voir la science jouer un rôle d'instrument de progrès et de civilisation. - La science est phénomène de masse, donc entièrement régi par les lois communautaires et qui ne contient une part d'esprit scientifique tout à fait négligeable. - Dans les conditions qui sont celles d'une dominations du communautarisme, la part d'esprit scientifique présente dans la science tend vers zéro » (p. 288)

ROMAN SOCIOLOGIQUE 

 « style scientifique de la pensée imagée »

par Alexandre Zinoviev

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Schémas du regard scientifique

Schémas 

de la méthode et de la pensée scientifique

 Schémas du regard scientifique

Domaine 

de la contemplation 

Sphère/Tout/Sujet/concret réel complexe/Concret 1, 

expérience/regardé, 

> abstraction/Abstrait 1 <

science/praxie, 

théorie/Concret 2/concret pensé naturalisé (matérialisé)

Champ de la connaissance

Passage 

de l'abstrait au concret

C1 <= C3

  • < Représentation simplexe du concret réel complexe

< évaluation/jugement logique >

  • Symplexification du concret réel complexe >

C2 => C2'

Domaine 

de la mesure 

symbole/Concret 3/concret pensé modélisé

technique/application,

> modélisation/Abstrait 2 <

expérimentation/observation,

 Cellule/Partie du tout abstrait/Objet/concret réel abstrait/Concert 2',

Champ du savoir construit

Usage du schémas de  la méthode et la pensée scientifique dans l'acquisition de la connaissance et des savoirs :

ELÈVE  <

Regarder : contemplation/expérience => monde réel et monde pensé (mise en oeuvre de la dialectique, processus de l'abstraction et de la raison) => émergence de la connaissance => pédagogique (globalité, synthèse, éco) => apprendre

= MUTUALITÉ =

< Réduction de l'écart >

Evaluer : régulation/potentialisation => éducation

> MAÎTRE

Voir : observation/expérimentation => interprétation et modélisation du monde réel (mise en oeuvre de la mesure, processus empirique et numérique) => émergence du savoir construit => disciplinaire (cloisonnement, analyse, égo) => enseigner

Science

Idéologie et science

La science suppose l'utilisation d'une terminologie réfléchie, précise, qui ne laisse place à aucune ambiguïté. L'idéologie suppose au contraire l'utilisation de termes insensés, vagues, équivoques. La terminologie scientifique n'a pas besoin d'être analysée, interprétée. La phraséologie idéologique doit-être commentée, comparée, repensée. Les affirmations scientifiques supposent qu'on puisse à tout moment les confirmer, les réfuter, voire même dans le cas extrêmes, reconnaître leur caractère insoluble. L'absurdité des propositions idéologiques fait qu'on ne peut ni les réfuter ni les confirmer.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Idéologie et science, p. 285

La compréhension des textes scientifiques suppose une longue préparation spécialisée, le recours à un langage particulier, professionnel. La science s'adresse à un cercle restreint de spécialistes. Les textes idéologiques s'adressent à toute une population, indépendamment de la profession et des différences de niveau d'instruction. Pour les "comprendre" (ou plus exactement pour les assimiler, inutile de subir une préparation spéciale. Il suffit de se reporter aux exemples de la vie quotidienne pour éclaircir tel ou tel passage obscur.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Idéologie et science, p. 286

Il est impossible de réfuter une idéologie. On peut seulement l'affaiblir ou la renforcer selon qu'on affaiblit ou qu'on renforce son influence sur les gens

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Idéologie et science, p. 286

L'individu est aujourd'hui capable d'opérer sur des informations reçues un traitement idéologique dont les effets sont assurées. La science se contente finalement de fournir la phraséologie, les idées et les thèmes.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Fonctions idéologiques de la science et de l'art, p. 288

L'idéologie dans le cas présent brûle de se donner des airs de science.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Fonctions idéologiques de la science et de l'art, p. 289

science et technique

 Différenciation science de la nature et science de l'ingénieur

« Pour H. Simon (1969), l'objectif des sciences de la nature est de produire des connaissances sur « les choses telles quelles sont »; tandis que l'objectif des sciences de l'artificiel et plus précisément des science de la conception (the science of design) est de produire des connaissances sur les « choses telles qu'elles devraient être » pour atteindre un objectif. »

  • Perrin Jacques. Les rapports entre les sciences de l'ingénieur, les sciences de la nature et les représentations mentales de l'État : quelques enseignements tirés de l'histoire des pays industrialisés. In:
  • Tiers-Monde, tome 36, n°143, 1995. Professions scientifiques en crise. Ingénieurs et médecins en Syrie, Égypte, Algérie, sous la direction de Elizabeth Longuenesse et Roland Waast. pp. 581-596.
  • DOI : 10.3406/tiers.1995.4979
  • www.persee.fr/doc/tiers_0040-7356_1995_num_36_143_4979

Remarque :

Dans mon schémas du regard scientifique : sphère de la contemplation (domaine de la connaissance) et sphère de la mesure (domaine du savoir construit)

Simplexe

Une représentation simplexe du réel complexe est la représentation d'une cellule soit de l'objet d'étude représentatif et signification au concret réel du sujet globale étudié qui est par nature complexe.

La symplexification est le processus d'abstraction qui permet de passer du concret pensé soit du sujet théorisé au concret réel soit à l'objet d'étude sur lequel on travaille afin d'affiner nos schémas naturalistes complexes vers un modèle pédagogique simplexe.