COMMUNISMES

- théorie AZ/KM - 

Mise à jour le : 14 août 2017

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SOMMAIRE : (surligne + CTRL F)

Approche méthodologique et Appréhension

  • Le socialisme scientifique
    • Généralité
    • Joseph Dietzgen
  • Approche sociologique et historique

1_ Généralité et Vocabulaire

  • « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins »
  • Fraternité ou citoyenneté globale
  • Identité et immigration
  • Patriotisme <=> Internationalisme
  • Lutte des classes
  • Dictature du prolétariat
  • Crises historiques

2_ Origine du communisme des pays communistes du XX

  • Sphère communautaire
    • Pierre Katchev
    • Alexandre Zinoviev
  • Dans la crise historique du XX (1914-1984...)
    • Guerres impérialistes (1914-1945)
      • Les erreurs de Lénine
      • L'histoire de l'URSS sous Staline
      • Pacte Germano-soviétique
    • Guerre froide (1954-1984 à aujourd'hui)
      • Facteur de trahison en URSS
      • Corée du Nord
  • Nouvelle Utopie

3_ Source du communisme dans les pays capitalistes

  • L'occidentisme
  • Le communisme de Marx
  • Le marxisme de Marx

4_ Théorie AZ/KM : Citoyen Global et Nouvelle Utopie

APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE 

ET APPRÉHENSION

(cf aussi Mon Vocabulaire (outils méthodo))

le socialisme scientifique


Le socialisme scientifique correspond à la pensée développée par Karl Marx et Friedrich Engels au XIXe siècle. Dans l'Anti-Dühring publié en 1878, Engels qualifia cette doctrine de la science selon l'expression de Fichte1,2 de « socialisme scientifique » afin de la distinguer du « socialisme utopique » et de l'idéalisme néokantien, courant de pensée alors dominant parmi les socialistes dont les sympathisants marxistes.

Karl Marx parlait pour sa part de « socialisme rationaliste critique »3.

« Toutefois toute la conception (Auffassungsweise) de Marx n'est pas une doctrine mais une méthode. Elle ne fournit pas de dogmes tous faits mais les points de départ de l'étude ultérieure et la méthode pour cette recherche. Il y a donc ici encore un certain travail à accomplir que Marx, dans ce premier jet, n'a pas conduit à son terme. » (Engels, lettre à Werner Sombart, 11 mars 1895)

Ainsi, la méthode d'analyse de la société capitaliste adoptée par Marx et Engels est « scientifique » et rigoureuse, allant sans cesse des concepts philosophiques, historiques et sociologiques de l'époque à l'observation immédiate des phénomènes formés par la société. 

Or, Les procédés de nature logique utilisé dans le Capital sont décrits, en 1954, par Alexandre Zinoviev dans son sujet de thèse Method visxoždenija ot abstraktnogo k konkretnomu (La Méthode du passage de l'abstrait au concret) qu'il va développer et utiliser ultérieurement. Ainsi, comme pour tout développement d'une connaissances scientifique :

« les nouvelles connaissances de l'objet d'étude ne viennent pas directement de l'observation, ni de l'expérience (l'empirisme), mais des jugements logiques dans le cadre d'une théorie donnée ou nouvellement développée »4

Cette « logique complexe » met en œuvre et en lumière la dialectique dans la nature. La méthode du passage de l'abstrait au concret use de mode opératoire type naturaliste qui conduit à l'abolition de la transcendance dans l'objet d'étude et plus globalement dans le sujet.

En effet,

« La conception matérialiste de l’histoire et son application particulière à la lutte des classes moderne entre prolétariat et bourgeoisie n’était possible qu’au moyen de la dialectique.

Mais si les maîtres d’école de la bourgeoisie allemande ont noyé les grands philosophes allemands et la dialectique dont ils étaient les représentants dans le bourbier d’un sinistre éclectisme, au point que nous sommes contraints de faire appel aux sciences modernes de la nature pour témoigner de la confirmation de la dialectique dans la réalité – nous, les socialistes allemands sommes fiers de ne pas descendre seulement de Saint-simon, de Fourier et d’Owen, mais aussi de Kant, de Fichte et de Hegel »

Notes et références

  1. ↑ F. Engels, 21 sept. 1882, Préface à la 1ère éd. allemande de Socialisme utopique et socialisme scientifique [Le développement du socialisme de l’utopie à la science], trad. fr. E. Botigelli, Paris, éd. sociales, 1977 p. 12/13.
  2. Luc, Vincenti Fichte et le marxisme [archive], site Marx au XXI - L'esprit et la lettre.
  3. Georges Haupt, De Marx au marxisme, « L'Historien et le Mouvement social », La Découverte, 1980, p. 93.
  4. in Foundations of the logical theory of scientific knowledge (Complex Logic), Alexandre Zinoviev, éd. Reidel Publishing Company, 1973, partie editorial introduction, p. VIII (citation de la partie Logical and Physical implication, p.91 in Problems of the Logic of Scientific Knowledge (1964))

JOSEPH DIETZGEN : Le socialisme scientifique (1873)

« Le socialisme moderne est 'scientifique'. De même que la science de la nature ne tire pas ses thèses de l'esprit, mais de l'observation sensible de la réalité matérielle, de même les doctrines socialistes et communistes contemporaines ne constituent pas des projets mais des connaissances de faits existant effectivement.

La société à laquelle nous aspirons se distingue de celle qui existe de fait par des modifications simplement formelles. Ce qui signifie : le monde de l'avenir a dans le monde d'aujourd'hui une existence de fait tout aussi matérielle que l'existence du jeune oiseau dans l'œuf. Quoiqu'il ait vigoureusement poussé a sa croissance jusqu'à ce point, le socialisme communiste du présent est encore moins un parti politique qu'une école scientifique.

Tout comme les grossières pierres à fusil les anciens constituent une étape nécessaire vers la perfection actuelle du fusil à aiguille prussien, les spéculation métaphysiques des Leibniz, Kant, Fichte, Hegel, sont aussi les conditions ou les voies inévitables qui mènent à cette connaissance physique enfin atteinte que 'l'idée, le concept, la logique ou la pensée sont non pas présupposition, les prémisses, mais surtout le résultat du phénomène matériel...' Pour la religion, l'idée est 'le terme premier' qui crée et ordonne la matière. En tant que fille de la religion, a philosophie avait naturellement hérité d'une bonne partie du sang de sa mère. Son progrès historique poursuivi à travers des générations put seulement produire le résultat scientifique antireligieux, la connaissance apodictiquement certaine que ce n'est pas le monde qui est l'attribut de l'esprit, mais que l'esprit, l'idée, la pensée est l'une des multiples attributs de ce monde matériel. Si Hegel ne mena pas la science à cette hauteur précise, pourtant il ne s'en approcha tant que deux de ses disciples 'Feuerbach et Marx', en escaladèrent le sommet... Marx, le porte-parole du socialisme scientifique emporta au contraire [de Herbert, Schopenhauer, Hartmann, etc.] les plus splendides succès en appliquant la loi logique de la nature, la connaissance de la valeur absolue de l'induction, à des disciplines qui jusque-là n'avaient reçu qu'un mauvais traitement spéculatif.

Là où il s'agit de phénomènes concrets, pour ainsi dire de choses palpables, cette méthode du matérialisme s'est depus longtemps acquis la victoire.

Lorsque nous nous retirons dans la solitude d'une chambrette, afin d'y rechercher, dans une profonde contemplation, pour ainsi dire dans les profondeurs de notre cerveau la jute voie que nous voulons suivre demain, il faut être bien attentif au fait qu'une telle contention de notre pensée peut réussir seulement parce que, même si c'est involontairement, avec notre mémoire nous importons du monde dans notre cellule nos expériences et ce que nous avons vécu.

Voici donc ce en quoi consiste tout le sel ('der ganze Wilz) de la spéculation ou déduction philosophique : elle croit pouvoir produire des connaissances, sans matériau en les tirants des profondeurs du cerveau, alors qu'en fait, elle n'est qu'une 'induction' inconsciente, une pensée, une argumentation, 'non pas sans', mais avec des matériaux indéterminés et pour cette raison confus. D'un autre côté, la méthode inductive ne se distingue totalement que parce qu' 'elle déduit consciemment'. Les lois de la science de la nature sont des déductions que le cerveau humain a conclues d'un matériau empirique. Il faut un manteau au spiritualiste et le matérialiste a besoin de l'esprit.

« Nous, dit Friedrich Engels, nous décrivons les rapports 'tels qu'ils sont'. » Proudhon impose à la société actuelle de se transformer non pas conformément aux lois de son propre développement économique, mais selon les prescriptions de la justice. Proudhon est ici le représentant typique de tout le doctrinarisme ignorant de la science.

Grâce à son origine philosophique, voici le socialisme moderne élevé désormais à la hauteur du ciel. Théoriquement unanime, solidement soudée, l'école fait face à la division illimitée de son adversaire politique qui de gauche à droite fait chatoyer ses dégradés aux nuances infinies. ce que la religion possède dans le dogme, un fondement solidement assuré, la science du socialisme inductif le possède dans les faits matériels, alors que le jugement politique du libéralisme est tour aussi capricieux que les concepts idéaux, les idées des « justice » éternelle ou de « liberté », sur lesquels on s'imagine s'appuyer.


En attribuant aux intérêts matériels la domination du monde, on ne nie pas pour autant les intérêts du cœur, de l'esprit, de l'art et de la science ou de tout autre idéal quel que soit son nom. Il ne s'agit pas de l'opposition abolie entre idéalistes et matérialistes, mais de leur unité supérieure...

Ici, le christianisme veut introduire une contestation en affirmant que, sous les rapports de production les plus divers, il aurait enseigné sa vérité sans la changer. Si donc donc le philosophe de l'économie veut prouver l'indépendance de l'esprit à l'égard de la matière, c'est qu'il oublie ce que sa veste sait : qu'il l'a retournée.

Assurément, l'individu peut s'élever au-dessus de son intérêt de classe et rendre justice à 'l'intérêt universel'. Quoique appartenant au premier état, Sieyès et Mirabeau combattirent pourtant les intérêts du tiers état. Mais de telles exceptions confirment simplement la règle inductive selon laquelle en politique comme dans les sciences de la nature, le corporel est la présupposition du spirituel.

Faire du système hégélien le point de départ de la méthode matérialiste pourrait assurément 'paraître' contradictoire puisque, c'est bien connu, « Idée » y occupe une situation encore plus éminente que dans n'importe quel autre système spéculatif. Mais l'Idée hégélienne veut et doit se réaliser, elle est donc matérialisme déguisé. Et, à l'inverse, la réalité apparaît dans ce système sous le déguisement de l'Idée ou du concept logique... La méthode inductive abstrait du fait corporel la conclusion spirituelle. Frappante est la parenté avec la conception socialiste, qui fait dépendre la représentation idéale du besoin corporel et l'esprit de parti politique des rapports de productions matériels. Cette méthode scientifique s'accorde également avec le besoin de la masse pour laquelle il y va 'd'abord' du corporel, alors que la classe dominante se fonde sur le principe déductif, sur l'opinion scientifique préconçue selon laquelle le spirituel, l'éducation et la culture devraient précéder la solution matérielle de la question sociale. »

Dietzgen, J (1873). Le socialisme scientifique.
In Joseph Dietzgen (1973), « L'essence du travail intellectuel - écrit philosophique annotés par Lénine » (p. 113-116). Paris, édition François Mapero.

Approche historique et approche sociologique

Il est tellement naturel pour tâcher de comprendre les phénomènes de la vie humaine d'avoir recours aux notions d'historisme que le seul fait de vouloir remettre celles-ci en question paraît sacrilège. Certains pensent qu'on ne peut comprendre la société communiste dans son essence que d'un point de vu historiques, c'est-à-dire en considérant l'histoire de sa formation. L'histoire authentique, cela va s'en dire, et non pas l'histoire falsifié que pratiquent les historiens et les philosophes pro-communistes. Selon eux, le déroulement des événements, la façon dont s'est constituée cette société suffise à expliquer la nature

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 39

Dans le cas présent le jugement historique fait en outre obstacle à la compréhension scientifique de la société qui nous intéresse, car les histoires imposent ici des fonctions étrangères à cette société

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 40

Le jugement historique porte l'attention sur des phénomènes dont il faut avant tout s'abstraire si l'on veut comprendre ce qu'est réellement cette nouvelle société née dans un contexte historique donné. Le processus historique est lui aussi, bien sûr, une réalité, mais c'est une réalité qui disparaît dans le passé. La nouvelle société qui a mûri en lui a vite fait de se débarrasser d'un revêtement historique qui l'encombre et lui est devenu étranger. Elle se constitue un autre environnement historique plus conforme à sa nature. La réalité sociologique est conçue, elle, pour rester. Elle est tournée vers l'avenir

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 41

Pratiquement (et logiquement) il est impossible de délimiter les éléments favorables et les éléments défavorables. Ce n'est qu'une fois le processus achevé qu'il devient possible de juger du passé en fonction du résultat obtenu, et cela s'en trop risquer d'erreurs.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 41

La conscience historique est condamnée, quant à elle, à tout prendre pour argent comptant; elle voit l'origine de la société communiste dans l'action des partisans de la doctrine communiste et lie le développement des forces adverses à l'action de ses ennemis. Elle est, par exemple, incapable de comprendre que sans l'aide des représentants des couches privilégiées de l'ancienne société russe la nouvelle société n'aurait pas pu tenir un an.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 41

Dans le cas présent l'homme qui raisonne en historien n'est qu'un petit bourgeois déguisé.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 42

Avant-propos

Savoir et comprendre sont deux chose tout à fait différente. On peut savoir beaucoup et comprendre peu. [...]
Or, la compréhension ne vient pas automatiquement de l'expérience, de l'observation ou de l'accumulation de donnée. [...]

Savoir vivre dans une société et être capable d'en saisir l'essence ont même des tendance à s'exclure réciproquement. Les virtuoses de savoir-vivre (entrepreneurs, arrivistes, roublards et escrocs) sont généralement incapables d'appréhender la nature des mécanismes qu'ils utilisent. Ceux qui le percent à jour révèlent, en revanche, bien peu d'aptitude a se débrouiller dans la vie pratique.

La compréhension d'une société concrète dépend de nombreux facteurs, notamment de la méthodologie utilisée. Celle-ci prédétermine ce que le chercheur va remarquer dans le domaine de son étude et comment il interprètera ses trouvailles.

GÉNÉRALITÉ ET VOCABULAIRE

« De chacun selon ses moyens, 

à chacun selon ses besoins »

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » - existant également sous des variantes comme De chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins ou De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins - est un adage résumant de manière générale les principes d'une société socialiste - ou communiste, au sens premier du terme.

Apparu sous diverses formes, chez des auteurs comme Étienne Cabet ou Louis Blanc, il connaît une fortune particulière au temps du socialisme utopique, puis dans la pensée anarchiste ; il est ensuite repris et popularisé par la Critique du programme de Gotha de Karl Marx (écrit en 1875, publié en 1891).

Origines de l'adage


HISTORIQUE


1_ On observe des formes primitives de l'adage dans le Nouveau Testament, dans les Actes des Apôtres, sur la vie en communauté et le partage des biens notamment et entre autres dans l'Acte 2 44-45 et l'Acte 4 32-351.

2_ Le « philosophe oublié » Étienne-Gabriel Morelly développe cette idée dans le Code de la Nature en 1755.

3_ « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » a été utilisé comme telle pour la première fois par Louis Blanc dans son Organisation du travail de 1839 comme une révision de la citation d'Henri de Saint-Simon « À chacun selon ses capacités, à chaque capacité selon ses œuvres ».

4_ Étienne Cabet, théoricien du communisme chrétien cite, dans son Voyage en Icarie (1840), la formule « À chacun suivant ses besoins. De chacun suivant ses forces » parmi les principes de sa cité idéale d'Icarie. Elle a été mise en avant lors de la révolution de 1848.

5_ Elle a été reprise dans La critique du programme socialiste allemand de Gotha de 1875, par Karl Marx selon les vœux des ouvriers allemands « encore plongés dans la brume des aspirations et des formules démocratiques sentimentales qui caractérisaient le mouvement de 1848 aussi que ses levers et baissés de rideau » 2. 

6_ En 1883, Pierre Kropotkine reprend la formule « À chacun selon ses facultés : à chacun selon ses besoins » dans la proclamation rédigée lors du Procès des 66, qui visait des militants anarchistes.

7_ Des groupes politiques (anarcho-communisme…) ou encore certains syndicats comme la CGT l'ont ensuite inclut dans la Charte d'Amiens depuis 1912.

RECHERCHE DE CONDITIONS


La formule traduite du programme est « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » 3 entre guillemets 4. D'après cette critique, elle doit être portée ou pourrait être portée « dans une phase supérieure de la société communiste 5 » une fois le communisme achevé. Et, selon Lénine, dans L'État et la Révolution de 1917, « L'État pourra s'éteindre complètement quand la société aura réalie principe » 6.

Cependant, Lénine pose le problème de « Par quelles étapes, par quelles mesures pratiques l'humanité s'acheminera-t-elle vers ce but suprême, nous ne le savons ni ne pouvons le savoir. » 7

En, 1936, Léon Trotsky va s'en servir comme levier contre la constitution soviétique et plus particulièrement contre le premier titre, « dit De la structure sociale en URSS, qui se termine par ces mots : « Le principe du socialisme : De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail, est appliqué en U.R.S.S.». » 8. 

En cette période de parfum de guerre, Staline aurait, donc, trouvé une solution à la réalisation concrète de l'adage par « De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ». Pour Trotsky, ce système mis en place est La Révolution trahie et « À tous ces égards, l'État soviétique est bien plus près du capitalisme arriéré que du communisme. » 8.

Les critiques ...

~

Jules Guesde

L'expression « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins » est pour Jules Guesde un « vieux cliché prétendu communiste »9,10.

Dans cet article de L'Égalité de 188211, son journal, il y écrit que cet adage a été détourné « en vain » par « un de ses pères » : Louis Blanc. C'est de Louis Blanc que cet adage associatif a été repris à leur compte par certains socialistes du Parti ouvrier français l'opposant à la formule collectiviste : « De chacun selon les nécessités de la production, à chacun selon son temps de travail. »9.

Ainsi, « ce ne sont donc pas les intentions qu'il incrimine. Il ne s'en prend, comme toujours, qu'à la conclusion, qui n'est pas seulement fausse, mais pleine de péril. »9.

Et « Quant à la société communiste, qui ne deviendra une réalité vivante ... et qui sortira de l'ordre collectiviste avec des producteurs ou des hommes transformés par les conditions nouvelles du travail, elle n'aura pas d'autre devise que celle inscrite par Rabelais à la porte de son abbaye de Thélème : fais ce que vouldras. »9

Alors, « Ni la production de chacun ne sera déterminée par ses forces, ni sa consommation par ses besoins. » Et « De chacun et à chacun selon sa volonté, telle sera l'unique règle sociale — si règle on peut appeler cette absence de toute réglementation. »9

Enfin, « cette liberté dans la production et dans la consommation sera possible, je le répète, parce que la nourriture. le vêtement, etc., existeront alors pour tous dans la même proportion que l'air ou que la lumière aujourd'hui et parce que le travail considérablement restreint, harmonisé avec les goûts et accompli en commun ou en famille — la grande famille humaine réconciliée — sera devenu un attrait, un besoin auquel nul ne sera assez ennemi de lui-même pour vouloir se soustraire »9.

... communistes ...

~

Léon Trotsky

Pour Trotsky

« Marx usait, pour définir la société communiste, de la formule célèbre : « De chacun selon ses forces16, à chacun selon ses besoins. » »

Or, « Les deux propositions sont indissolublement liées. « De chacun selon ses forces », cela signifie, dans l'interprétation communiste et non capitaliste, que le travail a cessé d'être une corvée, pour devenir un besoin de l'individu ; que la société n'a plus à recourir à la contrainte ; que les malades et les anormaux peuvent seuls se dérober au travail. »

 Ainsi, « Travaillant selon leurs forces, c'est-à-dire selon leurs moyens physiques et psychiques, sans se faire violence, les membres de la communauté, bénéficiant d'une haute technique, rempliront suffisamment les magasins de la société pour que chacun puisse y puiser largement « selon ses besoins » sans contrôle humiliant. » 

De ce fait, « La formule du communisme, bipartite mais indivisible, suppose donc l'abondance, l'égalité, l'épanouissement de la personnalité et une discipline très élevée. »8

... de l'adage,

et impossibilité a priori en société communautaire moderne

~

Alexandre Zinoviev


L'originalité de Alexandre Zinoviev est

 « d'avoir observé la réalité soviétique, d'avoir perçu comment le communiste idéaliste était vaincu par le communisme réel et d'en avoir conclu que la société soviétique excluait tout possibilité de créer le communisme idéal » (in Les Confessions d'un homme en trop)

Dans sa biographie sociologique Les Confessions d'un homme en trop, il note que cet adage, ou une partie de celui-ci, « à chacun selon ses besoins », est souvent discuté dans les écoles de Moscou des années 1930.

Étant donné que les problèmes quotidiens du milieu soviétique ne doivent pas être mis en évidence puisque le communisme réel en URSS est supposé achevé et parfait, dès lors, toute critique scientifique est rejetée par la société soit par « le pouvoir et l'administration ». 

On ne peut donc pas mettre en avant sans se faire isoler ou bannir que « à chacun selon ses besoins » n'est pas réalisé du fait de la structure communaliste même de la société. [cf plus bas Origine du communisme des pays communiste]

De ce fait pour Alexandre Zinoviev, le « communisme réel » va à l'encontre du « communisme idéal » [13] auquel il adhère de manière romantique. 

Il remarque également que, 

« dans le collectivisme soviétique réel, le principe « à chacun selon son travail »  était violé plus souvent qu'il n'était observé » 13.

Cependant, cela n'est pas la conséquence d'actes d'obscurs individus mais des lois objectives de la société type communautaire.

Ainsi, dans son ouvrage Le Communisme comme réalité, Zinoviev montre que :

.

« à chacun selon son travail, à chacun selon ses besoin » 

est dans la réalité quotidienne

« à chacun sa situation sociale » ou « à chacun sa position sociale ».

.

 On rappelle que le statut, la hiérarchie, la situation, la position sociale du communisme soviétique ou réel n'est pas liée à l'argent, à la richesse comme dans les pays occidentaux, mais à des privilèges matériels ou sociaux selon la débrouillardise, le carriérisme, etc. des individus.

 Donc dans la pratique, selon Zinoviev :

.

« De chacun selon ses moyens/ses capacités » devient « à chacun sa situation sociale » ; 

« De chacun selon son travail » devient « à chacun sa situation sociale » ; 

« à chacun selon ses besoins » devient « à chacun sa position sociale ».

Alexandre Zinoviev observe que les phénomènes sociaux de la société communiste sont proches de ceux des milieux naturels.

Il pose ainsi la société communiste dans les conditions historiques de sa formation et de sa maturation comme une anti-civilisation par opposition à la civilisation générée par les pays occidentaux, bien que les phénomènes de ces pays ne reposent pas essentiellement sur des phénomènes civilisateurs.

Dans la sphère communaliste où le mouvement de chacun est de rechercher le « pouvoir », l'attitude des individus est pragmatique. « En outre, si les gens recherchent, le pouvoir, ce n'est pas pour le pouvoir en soi, mais pour les avantages matériels que leur position et leur influence pourraient leur procurer. » 14.


AINSI

L'adage comme l'Utopie de Thomas More implique une abondance d'où l'importance de la productivité chez Jules Guesdes et Trotsky.

Or, les pays communiste du XX ne sont pas des sociétés type professionnel. Les usines ne sert pas à produire des biens de confort et de consommation mais à générer une cohésion sociale. D'où la mauvaise qualité du made in China.

CEPENDANT

Cela ne semble pas être une fatalité a posteriori dans une société communautaire moderne.  C'est d'ailleurs l'enjeu de la Nouvelle Idéologie d'Alexandre Zinoviev.

De plus, la théorie AZ/KM génère une structure sociétale non plus basée sur la hiérarchie d'un supérieur sur un subordonnée, de l'homme sur la nature mais sur la potentialisation de la force de travail. C'est dans la potentialisation que l'abondance se renouvelle en harmonie entre les forces de travail contrairement aux progrès du capitalisme qui substitue la nature par des artifices soit qui détruit l'organique et le vivant au profit de la technique et du non-vivant.

Sinon, même si l'on ne peut éliminer les inégalités du fait notamment de facteur géographique, on est d'accord avec Friedrich Engels qu'il est possible de les réduire au maximum.

Notes

  1. http://biblio.domuni.org/articlesbible/egliseactes/egliseactes-03.htm#TopOfPage
  2. In Souvenir sur Marx, partie Wilhelm Liebknecht, Souvenirs sur Marx (extrait), éd. du Sandre, p. 34, 1896
  3. Karl Marx, les Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier, 1875
  4. Formule peut-être pas de Marx mais un vœu du peuple.
  5. Karl Marx, la Gloses marginales au programme du Parti Ouvrier, 1875
  6. Lénine, L'État et la Révolution (1917), éd. de Pékin, 1978, chapitre V. Les bases économiques de l'extinction de l'État, p. 120.
  7. Lénine L'état et la révolution, 1917
  8. a, b et c Léon Trotsky, La Révolution trahie, 1936
  9. a, b, c, d, e et f Jules Guesde, Une formule prétendue communiste, L'Égalité, 14 mai 1882
  10. Cf aussi Jules Guesde, En Garde !, éd. Rouff, p 106-111, 1911
  11. Cf aussi article dans La Petite République du 10 mars 1894 in En Garde !, Instruisez-Vous Mr R. Poincaré, p 447 à 454
  12. Alexandre Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop, Folio actuel, 1991, 695 p.
  13. Alexandre Zinoviev, Les Confessions d'un homme en trop, folio actuel, 1991, p. 55.
  14. Alexandre Zinoviev, 1984 et 1984 in Science Fiction - Politique (1983), éd. Denoël, 198), t. 2, p. 42
  15. « De ses capacités » dans l'adage de 1875

Fraternité 

Commentaire facebook :  (suite au concours CPE)

1_ Au sein d'un pouvoir ou d'une famille

fraternité différent d'égalité et de liberté

ex :

  • ** fratricide mythologique : Cain et Abel, Rémus et Romulus ...
  • ** guerres d'héritages (féodalité, aujourd'hui)

2_ Au sein d'une société type communautaire (frère, camarade) :

fraternité = égalité 


=> forte cohésion sociale, pas de liberté individuelle, abnégation de soi et défense de la communauté.

ex :

  • ** première communauté chrétienne
  • ** mouvement utopique (paysans hussites)
  • ** pays communiste du XX

3_ Au sein d'une société type professionnelle aliénée au privé de la propriété des moyens de production et de service

liberté < propriété > droit individuel et reconnaissance politique aux propriétaires de la cité

=> division en classe sociale, pas d'égalité concrète entre l'homme et le citoyen, exploitation de soi et soumission au privé.

ex :

  • ** cités antiques (des hommes et des citoyens)
  • ** sociétés bourgeoises (citoyenneté abstraite, méritocratie)
  • ** pays capitalistes (individualisme, liquéfaction/ubérisation)

4_ Au sein d'une société professionnelle émancipée

liberté < fraternité = citoyenneté > égalité


=> citoyen globale, liberté individuelle, égalité concrète de droit, conscience de soi et défense des intérêts universels

ex :

  • ** communisme individuant

IDENTITÉ ET IMMIGRATION RÉELLE 

L'identité est essentielle d'un point de vue psychologique. Elle est liée au lieu où l'on a grandi soit les paysages et l'écologie naturelle et sociale.

Être Breton, Alsacien, Auvergnat, Bourguignon n'empêchent pas d'être un patriote Français et un partisan de l'International.

Je suis plus favorable à la laïcité pour les identités que pour les religions. Ce sont en effet les religions qui ne sont pas essentielles et qui sont destructrices de culture.

Ce sont les religions et les libéraux qui se foutent de l'identité afin d'homogénéiser le monde à leur image (Dieu et Marché). Ce qui conduit d'ailleurs à l'impérialisme où chacun veut imposer son modèle de culture aux autres et à tout le monde.

Il y a ainsi une importance à l'ouverture au monde. Le cloisonnement génère des peurs irrationnelles de ce qui se passe de l'autre côté du mur.

Sinon, s'ouvrir au monde n'est ni le colonialisme du FN, ni le libre échange des libéraux, ni l'immigration des gauchistes, ni l'acceptation même laïque des religions et des autres cultes.

Ça passe par la stratégie d'une pédagogie globale basée sur le réel et non plus sur l'idée.
Ça implique l'abolition de l'Être des religieux et des philosophes hégémoniques, ainsi que celle de son équivalent libéral et empirique la Mesure et ses aprioris rassurant les préjugés.
Ils amalgament en effet l'être et l'identité.
L'être est un en-soi qui te transcende comme dieu ou le libre arbitre, et l'identité est en dehors de soi qui émane de la configuration qui te fait grandir. Le premier est fixiste, la seconde se développe et est changeante.

L'immigration qui est un pur produit du capitalisme est également à condamner et à abolir. Ça fait aussi du tort à l'internationalisme puisque cela entretien un cosmopolitisme qui est une stratégie impérialiste comme à Rome sous l'Empire Romain, à Paris au XIX, et les mégalopoles du XX. Ça perpétue la misère, l'exploitation et entretien les dominations soit les rapports dominants-dominés.
Et cela se fait sous-couvert de bienveillance, de tolérance, de aimer vous les uns les autres en abandonnant les sédentaires et les autochtones soit en abandonnant la démocratie (devoir commun) et la citoyenneté (droit individuel globalisé).

C'est pour cela qu'il faut critiquer l'immigration et ne pas l'entretenir d'autant plus que ça crée des drames. On ne parle pas de route de vacance mais de fuite dangereuse vers les métropoles avec des milliers de mort et de futurs esclaves potentiels sans parler des conditions sanitaires et d'hygiènes dans lequel ils vont vivre une fois arriver ou stopper avant leur objectif. Ça ne me réjouit pas tellement.

Pour beaucoup de militant, l'immigration est un symbole de la lutte des classes sur notre sol. Les symboles idéels sont à abolir. Comme je l'ai explicité plus haut la lutte des classes n'est pas une révolte. Or, lorsque l'on parle d'immigration, on parle tout de même de gens dans la misère qui fuit leur pays suite aux guerres et à l'exploitation capitaliste. Sinon faire de l'immigration un symbole de la lutte des classes n'est pas mieux que l'extrême droite qui s'appuie sur l'immigration pour exister.

L'immigration réelle est justement une manifestation de la lutte des classes. Les nourrices de Morvan allaitant les bébés de la bourgeoisie parisienne sont une manifestation de la lutte des classes.

Ce n'est pas en entretenant la nourriture du capital qu'il va périr.

D'où la nécessite d'en finir avec la lutte des classes par l'abolition du capitalisme.

PATRIOTISME <=> INTERNATIONALISME

Commentaire :  https://www.facebook.com/sebastien.lemoine.311/pos...

On ne veut plus voir la France, ni de français, mais on veut voir des arabes, des algériens, des roms, des syriens, des maliens ... .

Or, Marx n'est pas la fin des nations bien que contrairement à Hegel ce ne sont pas les nations qui jouent un rôle dans le développement dialectique de l'histoire mais les classes.

Les révolutions de 1848 en Europe sont des mouvements d'émancipation nationale notamment contre le morcellement en province féodale comme en Allemagne ou en Italie et contre l'Empire tsar en Pologne. Les décolonisations dans la seconde moitié du XX sont des mouvements d'émancipation nationale. Même si le fascisme est devenu prédominant dans ses pays en révolte en 1848, Il y a un écart significatif entre les mouvements d'émancipations nationales de 1848 et le fascisme au XX. Il n'y a pas de cause à effet.

L'identité a tout de même son importance pour les individus et la communauté. Bien que je mette l'identité dans la sphère psychologique, elle est liée à la sociologie qui nous à vu naître et grandir déterminée concrètement par un paysage écologique (plaine, montagne, mer, forêt, savane...etc). Au XIX, le breton, l'alsacien, le savoyard soit les émigrés étaient identifiables à Paris. Ils portaient les habits de leur petite patrie. Encore aujourd'hui, Breton, Alsacien sont très à cheval sur les traditions. L'aspect communaliste joue aussi un rôle dans la vie de tous les jours même si la sphère professionnelle caractérise globalement notre société.

Sinon voici un texte de Paul Lafargue alliant Socialisme et patriotisme :

« On ne cesse pas d'être patriote en entrant dans la voie internationale qui s'impose au complet épanouissement de l'humanité, pas plus qu'on ne cessait à la fin du siècle dernier d'être Provençal, Bourguignon, Flamand ou Breton, en devenant Français. »

=> https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1893/01/pl18930123.htm

commentaire : https://www.facebook.com/sebastien.lemoine.311/posts/1683460945003027

Pour ceux qui ont vu trop de drapeau bleu-blanc-rouge, entendu trop la Marseillaise :

« loin de s'exclure, patriotisme et internationalisme ne sont que deux formes, se complétant, du même amour de l'humanité »

=> https://www.marxists.org/…/laf…/works/1893/01/pl18930123.htm

Je rappelle que Marx n'est pas contre les nations sinon l'international n'aurait pas de sens. D'ailleurs, il a soutenu les mouvements d'émancipation nationale en 1848 contre les provinces féodales comme en Allemagne et en Italie et contre l'annexion de la Pologne par l'Empire Tsar. Ce sont des mouvements analogues aux mouvements contre le colonialisme dans la second moitié du XX (1952-1984).

Cependant contrairement à chez Hegel ce ne sont pas les nations qui sont le moteur de l'histoire mais les classes et les luttes/contraintes immanentes entre deux sphères sociologiques :
* une sphère communautaire de pouvoir (la mère) caractérisée par le privé de la propriété des moyen de production et de service,
* une sphère professionnelle (la fille) qui forme la propriété par la force de travail (nature et travailleurs).

La mère fait tout pour aliéner la fille et rester ou du moins paraître en vie même à tuer par les guerres de conquêtes et par des mesures d'austérité. Cette volonté à vivre a généré les trois grands crises historiques qui ont bouleversées l'humanité : 1618-1648 (liberté), 1789-1815 (égalité), 1914-1945 (fraternité), et sa suite 1952-1984 (démocratie). Aujourd'hui, le capitalisme fait tout pour rester vivant bien qu'il soit un zombi.

D'où l'importance d'une stratégie afin ABOLIR le capitalisme par
* une démocratisation (devoir collectif) et une citoyenneté réelle (droit individuel) au sein de l'entreprise pour en finir avec l'élitisme,
* une potentialisation (selon le cadre scientifique d'Yves Richez) des ressources humaines pour en finir avec la méritocratie,
* une séparation entre l'état et le pouvoir monétaire pour en finir avec le gouvernement bourgeois basé sur le capital,
* une séparation absolue des pouvoirs exécutif, judiciaire, législatif et monétaire pour en finir avec la corruption et leur légalisation, et les mesures politiques aux profits de la sphère communautaire de pouvoir.
* une nationalisation avec socialisation des entreprises devenue bien commun lorsqu'elles sont arrivées à un stade capitaliste afin d'en finir avec les guerres d'héritage destructrices et l'aristocratie capitaliste entretenue par le profit soit par la plus-value et le sur-travail.

L'humanité n'a pas besoin de voiture volante ou des vacances dans l'espace au nom du progrès (le progressisme d'Herbert Spencer et de Macron) mais des sanitaires, d'eau potable, d'énergie et du confort respectueux de la santé en plus de la citoyenneté globale (le progressisme authentique).

Tout cela n'exclut pas les langues et la culture. Quand je parle de culture je ne parle pas de religion puisque la religion n'est pas une culture mais une aliénation à une illusion. La religion soit le spiritualisme s'envolera avec la capitalisme. Le spiritualisme soit l'aliénation à une transcendance n'est pas à confondre avec la spiritualité soit la recherche de bien-être et plus largement du bien-vivre.

La lutte des classes


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La lutte des classes de Domenico Losurdo vient être édité en 2017 aux éditions Delga. Je ne connais pas le point de vue du livre de Domenico Losurdo. Mais, j'ai moult fois donné le mien sur facebook. Ainsi, pour résumé, la lutte des classes ... :


... EST UN PROCESSUS IMMANENT


La lutte des classe est un phénomène immanent comme la gravité pour les masses ou la lutte pour la vie dans la nature.

Ca n'a rien d'un phénomène volitif.

... SE MANIFESTE DE MANIÈRE INVISIBLE


La lutte des classes ne se réduit pas aux révoltes. Les révoltes comme les jacqueries, les grèves... sont des manifestations de la lutte des classes et non la lutte des classes en elle-même.

Même dans une entreprise où il fait bon vivre la lutte des classes est présente. Elle est caractérisée par une pression entre une sphère administrative incarnée par le privé de la propriété qui gère la propriété et une sphère professionnelle incarnée par les travailleurs et la nature qui entretiennent la propriété.

 ... EST UN PROCESSUS DIALECTIQUE avec STASE et CRISE


Elle est visible lors des crises récurrentes (politique, économique et sociale).

Elle est aussi au summum lors des méga-crises que je nomme crise historique (1618-1648, 1789-1815, 1914-1945, 1052-1984) par analogie aux crises géologiques (P/T, C/T).

Lorsqu'il y a stabilité, ce phénomène existe toujours de la même manière que la gravité est présente quand l'objet est en équilibre.

.

... EST MISE EN LUMIÈRE PAR LE RÉVEIL D'UNE CONSCIENCE PROFESSIONNELLE

Ce phénomène existe dans des sociétés où une sphère professionnelle est présente ou est en émergence. Cette sphère se développe depuis la Renaissance dans notre société en contradiction avec l'ancien régime où la sphère communaliste reste hégémonique.

La sphère professionnelle est mature au XX. Cependant, le privé soit un témoin de la sphère communautaire mère aliène encore fortement la sphère professionnelle fille.

.

... EST UN PHÉNOMÈNE QUI A ÉTÉ MONDIALISÉ


Dans le cadre du colonialisme qui exploite la propriété des sociétés communautaires au profit du privé, c'est bien une lutte des classes qui s'opère entre deux mondes.

... SE TERMINE PAR L'ABOLITION DU PRIVÉ DE LA PROPRIÉTÉ

D'où l'appel à l'abolition du privé de la propriété par Marx afin d'en finir avec la lutte des classes.

De ce fait l'origine du communisme de Marx dans la sphère professionnelle par l'abolition du privé de la propriété des moyens de production n'a rien à voir avec l'origine du communisme des pays communiste du XX dans la sphère communaliste comme l'a mis en lumière Alexandre Zinoviev.

LA LUTTE DES CLASSE EST NÉANT AU SEIN D'UNE COMMUNAUTÉ

Dans les sociétés communautaires (primitives, féodales, modernes/communistes du XX), ce n'est pas la lutte des classes qui en est le moteur mais une lutte individuelle de perpétuation et d'ascension dans les positions sociales. Les luttes individuelles sont également flagrant au sein de château de Versailles.

IL EXISTE DEUX FORMATIONS SOCIÉTALES

SOCIÉTÉ COMMUNALISTE ET SOCIÉTÉ PROFESSIONNELLE


Le modèle des sociétés communautaires (URSS, Chines, ...) ne convient à pas notre société type professionnel pas plus que notre modèle ne convient à leur type de société. Imposé le modèle occidentiste a la société communaliste soviétique a été une catastrophe en Russie sous Boris Eltsine.

Les ex- pays annexes formant le rideau de fer ont mal vécu le soviétisme puisqu'à la base se sont des sociétés type professionnel pour la plupart et non communautaire. 

La Pologne vivait déjà mal sous le Tsarisme, une société communautaire ultra-féodale. Cette distorsion a conduit a exacerbé au XX le phénomène de lutte des classes caractérisée par une société fascisante. 

L'erreur de l'Ukraine est par contre de ne pas voir qu'elle est la sœur jumelle de la Russie et de là rentrer dans notre modèle type professionnel est un suicide collectif. 

On connaît aussi les distorsions des sociétés communautaires d'Amérique latine provoquées par le colonialisme soit l'imposition d'un modèle type professionnel à des sociétés communalistes.

LA LUTTE DES CLASSE TRANSCENDANTALISTE DE L'IDÉOLOGIE COMMUNISTE DU XX EST CADUQUE ET INOPÉRANTE 

HORS CRISE HISTORIQUE


Le problème du communisme du XX est son idéologie née de la guerre civile mondialisée. Elle a perdus de son potentiel depuis 1984. D'où l'appel d'une nouvelle idéologie par Alexandre Zinoviev avec une nouvelle Utopie, soit une nouvelle perspective/autorité d'avenir qui va vers un communisme individuant comme chez Marx.

Chez nous, l'idéologie communiste a du mal à se transformer dans le cadre militant qui est enfermé dans la nostalgie des grands combats du XX mais aussi dans le modèle soviétique.

N'EST PAS UNE VALEUR DE GAUCHE

La lutte des classes est à l'origine un concept libéral repris par Marx de manière dialectique mettant ainsi à jour les contradictions entre les classes sociales notamment bourgeois/prolétaire qui dominent la société capitaliste : http://la-philosophie.com/lutte-classes-marx . Elle existe sous l'antiquité et la féodalité. Mais c'est plus la lutte individuelle qui caractérise la société féodale qui est caractérisé par son aspect communaliste.

Les révoltes de crise sociologique (politique, économique, sociale et environnementale) et les révolutions de crises historiques avec guerres civiles mondialisées (1618-1648, 1789-1815, 1914-1945, 1952-1984) ne sont que des manifestations extrêmes, visibles et spectaculaire de la lutte des classes. Les crises historiques restent rares bien que les impacts psychologiques et retombés historiques sont énormes et perdures. Les crises sociologiques sont récurrentes. Il y a une « tendance à la crise » de notre système économique.

La lutte des classes est une pression entre deux sphères différentes : une sphère communautaire (la mère) caractérisée par le privé de la propriété des moyens de production et la sphère professionnelle (la fille) formée par la force de travail (nature et travailleur).

La lutte des classes existent même hors des crises socio-historique comme la gravité existe lorsque l'objet est en équilibre.

La lutte des classes est un phénomène immanent que l'on subit chaque jour même à l'école et dans les crèches.

De ce fait ce n'est pas la lutte détournée comme une manifestation volontaire par les anarcho-syndicalistes d'avant 1914 qui ont été majoritaire au PCF en 1920 mais l'abolition du privé de la propriété de moyen de production et de service soit L'ABOLITION DU CAPITAL.

C'est l'abolition du capital qui est vraiment la valeur de gauche soit ce qui forme la stratégie de la gauche afin justement d'en finir avec la lutte des classes soit les contraintes qui génèrent l'exploitation.

Ça passe donc par une réorganisation des structures caractérisant notre société soit par la potentialisation des milieux de productions et par la démocratisation (citoyenneté globale) des milieux administratifs qui ne sont plus là pour dicter un objectif de profit mais pour servir utilement la société globale en fonction de la production.

La lutte des classes à l'école

Commentaire facebook

« Les modernes aristocrates de la pensée se proclament républicains et prescrivent des méthodes d’enseignement aristocratiques. Ils le font à la manière des généraux napoléoniens, ennoblis par un empereur auto sacré, qui faisaient régner la monarchie sur des « citoyens » invités à renoncer à la démocratie au nom de la république. » (Laurent Carle)

Carle. L (2008). L'apocalypse aujourd'hui : la méthode globale. En ligne : http://dcalin.fr/publications/carle14-1.html

Commentaire facebook

Laurent Carle :

* « LA LUTTE DES CLASSES dans sa forme scolaire, celle qui met d’entrée de jeu les enfants de pauvres hors lecture et hors compétition, commence par consentement mutuel entre parents d’élèves, état, élus politiques, administration de l’enseignement, jour­nalistes, écrivains, universitaires, formateurs et... enseignants. Incroya­ble, mais vrai ! L’ECOLE, cette institution dédiée à l’enfance, A PEUR DU SENS. »

* « Dans la lutte des classes, l’école républicaine laïque n’est pas neutre, elle est discriminative. »

* « Trop compliquées parce que simplistes et réductri­ces, illusoires, trompeuses, abusives, en réduisant l’acte de lire à une simple conversion graphophonologique, lettre à lettre, syllabe à syl­labe, elles font toujours réussir les mêmes couches sociales, empê­chant les pauvres d’accéder au sens de l’écrit.

Ces méthodes, dites de lecture, ne sont ni éthiques, ni techniques, ni justes, ni sociales. Elles sont iniques. Pire, en inspirant une confiance technique aveugle aux maîtres qui les emploient, elles les entraînent à croire que les élèves, qui s’y embourbent, ne font pas suffisamment d’efforts.

Il leur faut donc les exhorter, les réprimander, les menacer de sanctions, de redoublement, les accabler de renforcements négatifs, réclamer de leurs parents qu’ils les « fassent » lire tous les soirs – en faisant « scrupu­leusement » b a ba, dans le respect du « code » et, s’ils les mènent chez l’ortho­phoniste, « c’est encore mieux » –, pendant que les « bons » reçoivent encouragements et récompenses.

Bref, elles obligent à moraliser l’apprentissage de la lecture. Moralise-t-on l’apprentissage de la marche ? Ni éthiques, ni techniques, ni morales, les méthodes sont... moralisatrices. »

* « Le tri sélectif destiné à la pérennisation des privilèges acquis des classes dominantes se fait à l’école, au CP, par l’enseignement d’une technique de « lecture » qui élimine les non initiés.»

* « les techniciens scolaires peuvent livrer, librement, sans état de conscience, au « marché », des catégories sociales non instruites, non qualifiées, mais tout aussi sacrifiées sur l’autel des nouveaux dieux, la pub, le foot, la téléréalité, la bagnole, le fric et la bourse.

Des fournées entières d’enfants éliminés subtilement, sans crématoire.

Les nouveaux dieux n’ont pas besoin de boucs émissaires à châtier, de victimes expiatoires à dévorer. Au contraire, l’éco­nomie de consommation de masse a besoin d’une masse de consommateurs peu instruits, peu éduqués, mais dépen­dants, fanatiques de gadgets et avides d’acheter, faciles à gruger. Les « techniciens » nazis savaient ce qu’ils faisaient.

Les techniciens de la didactique de la syllabation, atteints de cécité pédagogique et humaniste, l’ignorent. À chaque époque, son fléau.»

Dictatures du prolétariat dans l'histoire

discussion wikipédia (2009)

commentaire facebook (2014)

Revendications historiques de la dictature du prolétariat : La tendance générale et les différents aboutissants selon le développement général de l'éducation humaine et de la contingence du développement historique.

A_ La Commune de Paris de 1871

Friedrich Engels juge la Commune de Paris comme une application de la dictature du prolétariat. Ainsi, cette dictature se présente sous la forme d'un pouvoir détenu majoritairement par les pensées du milieu ouvrier (blanquiste, proudhonien, très peu d'internationaliste) [1], organisé de façon démocratique avec des conseils, des élus mandatés au suffrage universel et révocables [2].

Contrairement à leurs écoles, les proudhoniens et les blanquistes ainsi majoritairement élus à la Commune instituaient « une organisation de la grande industrie et même de la manufacture qui devait non seulement reposer sur l'Association des Travailleurs dans chaque fabrique, mais aussi réunit toutes ces associations dans une grande fédération; bref, une organisation qui comme Marx le dit trés justement dans la Guerre civile, devait aboutir finalement au communisme... », et conviaient « à une libre fédération de toutes les communes françaises à Paris, à une organisation nationale qui, pour la première fois, devait être effectivement créée par la nation elle-même. »

B1_ Contraintes sociologiques : Réalité sociologique de la souveraineté populaire tant rêvée

Des années 30 aux années 1950, la souveraineté populaire, selon Alexandre Zinoviev, s'est traduite dans la population russe autours d'une organistation mafieuse et de la délation. « Ce système était l'expression naturelle d'une démocratie authentiquement populaire. C'était l'initiation des masses encouragées par le haut dans la mesure ou le pouvoir suprême était un pouvoir populaire et cherchait à rester. (...) une fois qu'il a eu pris le pouvoir en main, le peuple s'est retrouvé pris au piège de sa propre souveraineté, contraint qu'il était de déléguer aux siens un pouvoir illimité sur lui-même. » [3].

B2_ Contraintes historiques : Concentration stratégique des pouvoirs

Pendant la Révolution de 1917 selon Emma Goldman, « nous voyons en effet des sociaux-démocrates marxistes, Lénine et Trotsky, adopter une tactique révolutionnaire anarchiste, tandis que des anarchistes (Kropotkine, Tcherkessov, Tchaikovsky) critiquent cette tactique en adoptant un raisonnement marxiste qu’ils ont rejeté toute leur vie comme un produit de la « métaphysique allemande ». La révolution russe représente vraiment un miracle. » [4].

Lénine et Trostky ont suivi cette stratégie révolutionnaire puisque la pensée anarchiste et populiste (Narodniki) depuis des décennies étaient prédominantes dans les milieux paysans et ouvriers en Russie. Cependant, depuis février, ils ont convaincu les soviets et ainsi mené la révolution d'octobre pour les sortir de l'influence des bourgeois.

C'est ainsi que Charles Rappoport a qualifié la prise du pouvoir par les Bolcheviks en 1917 de « blanquisme à la sauce tartare " » [5].

B3_ Guerre civile russe analogue à la guerre civile française de 1871

Selon Engels dans la Guerre civile en France, les blanquistes, « socialiste que par instincts révolutionnaires, prolétarien » sont « élevés à l'école de la conspiration, liés par la stricte discipline qui lui est propre, ils partaient de cette idée qu'un nombre relativement petit d'homme résolus et bien organisés était capable, le moment venu, non seulement de s'emparer du pouvoir, mais aussi, en déployant une grande énergie et de l'audace, de s'y maintenir assez longtemps pour réussir à enchaîner la masse du peuple dans la Révolution et à rassembler autour de la petite troupe ».

Pour cela, il faut « la plus stricte centralisation du pouvoir révolutionnaire dictatoriale de tous les pouvoir entre les mains du nouveau gouvernement révolutionnaire. » [6]. Le pouvoir des Bolcheviks se centralise pour soutenir la révolution contre les blancs et l'extérieur, tout en laissant paraître de fortes analogies avec la bureaucratie de la dictature tsariste, une super structure impériale prédominante.

Ce sont entre autres le manque de centralisation du commandement, le manque d'un Auguste Blanqui en meneur et le manque de détermination à écraser de suite Versaille que la Commune de Paris de 1871 fût exterminée lors de la semaine sanglante [7]. Ne voyant pas le danger venir, la Commune a choisi de construire illico la « dictature démocratique » [8], ce qui a conduit à sa perte.

Au cours de cette révolution russe, toutes les conditions nécessaires de la révolution sociale était là : dictature du prolétariat, principe des soviets, terrorisme, défense de la révolution, fortes organisations [9].

B4_ La guerre civile européenne en rupture dialectique avec la stratégie de construction sociale de paix et de tranquillité.

Comme l'a écrit Engels pour les proudhoniens et les blanquistes, l'histoire nous dit que les marxistes de l'URSS ont fait le stricte contraire de leur école de pensée. Ce retournement est spectaculaire à Konstradt en 1921 quand ce "gouvernement" aurait pu selon le pouvoir centralisé encore tomber entre les mains des ennemis de la révolution.

Lénine a donc étudié la Commune de Paris via la Guerre Civile en France de Karl Marx, en faisant un parallèle avec la Révolution russe de 1905. Il s'en est inspiré en évitant les erreurs des deux révolutions. La révolution de février à donner naissance à une dictature du prolétariat, mais qui selon lui reste inachever sous l'influence de la bourgeoisie.

Mais, « Établir une dictature prolétarienne et accomplir un bouleversement socialiste dans un seul pays, encerclé par l'hégémonie sclérosée de la réaction impérialiste et assailli par une guerre mondiale, la plus sanglante de l'histoire humaine, c'est la quadrature du cercle. Tout parti socialiste était condamné à échouer devant cette tâche et à périr, qu'il soit guidé, dans sa politique par la volonté de vaincre et la foi dans le socialisme international, ou par le renoncement à soi-même. » [10].

En effet, le Traité de Brest-Litovsk a renforcé les divisions au seins des socialistes (Makhnovchtchina; Parti socialiste révolutionnaire). Par ailleur, Kropotkine, dans sa Lettre au travailleurs d’Europe occidentale en 1920 avoue franchement que « cette tentative d’édifier une république communiste sur la base d’un communisme d’Etat fortement centralisé, sous la loi de la dictature d’un parti, est en train d’aboutir à un fiasco. Nous apprenons à connaître en Russie, comment le communisme ne doit pas être introduit. ».

B5_ Conditions sociologiques non réalisées pour la réussite d'une révolution sociale

Dans le Robotchaïa Gazeta n°4-5 du 15 (28) avril 1911, intitulé A la mémoire de la Commune [11] Lénine avait posé au moins deux condition pour qu'une révolution sociale puisse réellement triompher : des forces productives hautement dévellopées et un prolétariat bien préparé.

Bien que le prolétariat russe ait été préparé depuis la révolution de 1905, la première condition conséquence d'une révolution industrielle n'y était pas en 1917 [12]. Ainsi, c'est par des plans économiques et par l'industrialisation que le développement productif doit se faire dans la suite de l'histoire qui vont cependant tendre vers un capitalisme d'État.

Et surtout, « c'est le temps »[13], qui donne la possibilité d'orienter et d'aborder la réalisation du programme authentiquement prolétarien et démocratique dans la vision de la Commune avortée. Pour cela ce temps précieux va fortement compter, principalement pour Staline dans la suite de l'histoire (ouvrant sur une autre époque et d'autres problèmes).

B6_ Renforcement des pouvoirs et démocratie authentique distordue par la guerre civile mondialisée

Dans ce contexte mondial très complexe dite de guerre civile européenne de 1914-1945, après la lourde période révolutionnaire et toutes ces conséquences sanitaires, Staline ne détruit pas cet état "bureaucratique". Cette forme d'état a été d'une importance historique dans la victoire des Bolcheviks bien que celle-ci ait été critiquée très tôt. Elle est également importante dans sa forme sociologique pour garder une cohésion solide entre chaque individu déjà existant sous l'Empire. Cependant, des organes inexistants sous l'empire ont été créés pour renforcer les liens communautaires : Ce sont « les Soviets des députés ouvriers et soldats » qui n'est encore qu'un « pouvoir embryonnaire » [14] en avril 1917. Cependant, il forme « en Russie un Etat du type de la Commune de Paris » c'est à dire un type de dictature du prolétariat.

C_ Interpénétration phénomènes historiques / phénomènes sociologiques

Après la suppression de l'influence bourgeoise de février par la révolution d'Octobre, de l'abolition de la dictature révolutionnaire et des organes de soviet, la dictature dite du prolétariat s'est accru dans les années 30. Le pouvoir politique est géré par une organisation forte [15], tandis que la société est laissé à elle-même en auto-gestion sous l'égide du pouvoir populaire. Tout cela est sous la contrainte des phénomènes historiques extrêmement pesantes (guerre civile européenne de 1914-1945) qui exacerbent ainsi à l'extrême les phénomènes sociologiques de la société type communautaire.

La dictature de l'URSS est ainsi à la fois une dictature de la bureaucratie qui se veut populaire et une dictature du peuple sur le peuple, une dictature par le haut et une dictature par le bas, une dictature bipolaire [16].

D'après les études d'Alexandre Zonoviev sur la société soviétique dans lequel il a vécu et l'histoire de la Russie, l'une des dictatures prédomine sur l'autre suivant les événements historiques:

  •   Dictature centralisée sous la période révolutionnaire pour soutenir la révolution;
  •   Souveraineté populaire prédominante par la délation dans les années 30/40 qui contribue à l'augmentation de la population du Goulag autre que strictement politique ou de stratégie de guerre de la dictature bureaucratique ;
  •   Diminution de l'influence bureaucratique entre 1941-1945. Il faut cependant toujours se méfiait de la délation même si elle porte moins ces fruits dans ces années de guerre ;
  •   Retour de la délation/les signalements dans les années après guerre. C'est la normalité des sociétés types communautaires en autogestion. Cela est mis à nue lors des crises historiques qui exacerbent les phénomènes communautaires ;
  •   A partir des années 50, affaiblissement du système et de la souveraineté populaire limitée par le pouvoir officiel qui donne ainsi le glas au Stalinisme,
  •   Enfin, domination de la bureaucratie "libérale" post-stalinien.

D_ Conclusion à la dictature du prolétariat

La création de la "dictature du prolétariat" est ainsi la création d'une authentique démocratie contre la démocratie du peuple - élu - des seigneurs décrite par Tocqueville. L'idéologie de la dictature du prolétariat n'est aucunement une pensée marxiste. En Russie, la révolution russe éclate suite à la faillite de l'Empire dont la première guerre mondiale a sonné le glas.

Cependant, le seul lieu où l'on trouve du Marx est dans l'instruction, ouverte maintenant à tous sous Staline, en y incluant les oeuvres de Lénine. Seule l'instruction pourrait donc être qualifiée de Marxisme-Léninisme. Mais, dans un monde très illettré et sous une contrainte historique extrême les vulgarisations caricaturales et les déformations idéologiques y sont légions.

Le changement socio-culturel russe a donc suivi un plan théorique provenant de la guerre civile en France et promulgué par Lénine. Mais, la Commune de Paris a eu lieu dans un contexte général économique et politique très différent de celle de la Russie de 1917. Lénine s'est aperçu de son erreur dans les années 20 : "Nous comptions (…) pouvoir, par les ordres exprès de l'Etat prolétarien, organiser à la manière communiste, dans un pays de petits paysans, la production et la répartition des produits par l'Etat. La vie a montré notre erreur." [17]

Ainsi, les étapes, la forme, les moyens, les conclusions ... d'une dictature prolétarienne sont fonctions de la sociologie et de l'histoire, passé et présent, de la société en question, et non fonctions d'un plan prédéfini. Et, une fois en place son évolution varie suivant les événements qui vont apparaître dans la suite de l'histoire, soit d'une façon volitive dans un cadre de crise ou d'une façon contingente [18] dans un cadre de stabilité historique. Or, encore aujourd'hui, toutes les sociétés type communautaire subissent durement les assauts perpétuels de l'impérialisme ou des démocraties coloniales.

E_ Notes et Références

01_ cf Lissagaray, La commune de Paris de 1871, la découverte, 530p., 2000
02_ Marx K., La guerre civile en France, 1871 et Engels F., introduction de la guerre civile en France, 1891
03_ Le Héros de notre jeunesse, Alexandre Zinoviev (trad. Jacques Michaut), éd. Julliard L'âge d'homme, 1984, p. 159-160
04_ Mondialisme.org, Emma Goldman : La vérité sur les bolcheviks [archive]
05_ MIA in biographie de Rappoport [archive]
06_ Engels F., introduction de la guerre civil en France, 1891
07_ Karl Marx, La guerre civile en France
08_ Conclusion de l'article "La commune de Paris et les tâches de la dictature démocratique"
09_ Victor Serge, Les anarchistes et l'expérience de la révolution russe, 1920

10_ Rosa Luxembourg, «La tragédie russe» [archive], Spartakusbriefe, nº 11, septembre 1918,, p.181-186

11_ Marx, Engels, Lénine, Sur la Commune de Paris, Partie Lénine, A la mémoire de la commune, éd. du Progrès, 1971, p.317 ou Lénine, Oeuvres, Paris-Moscou, t17, pp135-140

12_ Cf aussi l'Économie de l'URSS
13_ Marx, Engels, Lénine, Sur la Commune de Paris, Partie Lénine, A la mémoire de la commune, éd. du Progrès, 1971, p.317
14_ Marx, Engel, Lénine, Sur la Commune de Paris, Partie Lénine, Dualité du Pouvoir (extrait), Edition du Progrès, 1971,p. 327
15_ Aucun Soviet ne réside au gouvernement.
16_ Marc Ferro, Des Soviets au communisme bureaucratique : les mécanismes d'une subversion, Gallimard et Julliard, Paris, 1980)
17_ Pour le quatrième anniversaire de la révolution (1921), Lénine, éd. Editions Sociales, 1959, p. 51
18_ mais parfois prédictibles sur le très court terme ou l'événementiel mais la prédictions est aussi fonction du contexte historique, sans qu'il y ait pourtant une obligation absolue du résultat prédit. Sur la contigence, cf Stephen Jay Gould, La vie est Belle et L'éventail du vivant.

La dictature du prolétariat d'après Staline

discussion wikipédia

1_ Les bases du Léninisme, 1924

« Ce n'est que sous la dictature du prolétariat que sont possibles les libertés véritables pour les exploités et la participation réelle des ouvriers et des paysans à l'administration du pays. Sous la dictature du prolétariat, la démocratie est prolétarienne ; c'est la démocratie de la majorité exploitée, basée sur la limitation des droits de la minorité exploiteuse et dirigée contre cette minorité. »

2_ Du léninisme, 1925

« trois côtés fondamentaux de la dictature du prolétariat : 

1. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour la répression des exploiteurs, la défense du pays, la consolidation des relations avec les prolétaires des autres pays, le développement et la victoire de la révolution dans tous les pays ; 

2. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour détacher définitivement de la bourgeoisie les travailleurs et les masses exploitées, pour renforcer l'alliance du prolétariat avec ces masses, pour faire participer ces dernières à la réalisation du socialisme et assurer leur direction politique par le prolétariat ; 

3. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour l'organisation du socialisme, l'abolition des classes, l'acheminement vers une société sans classes, sans État. 

La dictature du prolétariat est la réunion de ces trois côtés, dont aucun ne peut être considéré comme l'indice caractéristique unique de cette dictature, et dont l'absence d'un seul suffit pour que la dictature du prolétariat cesse d'être une dictature dans un pays encerclé par le capitalisme. »

Les crises historiques

Le principe d'analogie scientifique appliqué



La volonté à vouloir sauver à tout prix l'ancien régime en fin de vie a généré des contradictions caractérisées par des guerres mondialisées de maintien de l'ordre et par des guerres civiles pour l'émancipation.

Ce qui a généré ce que je nomme une crise historique (1914-1945, 1952-1984) analogue aux périodes de 1618-1648 et 1789-1815 avec leur révolution, leur espoir et leur tyran à la fois salvateur et faucheur.

Ce sont des phénomènes mondiaux cumulant guerre classique entre nations et guerres civiles au sein d'une nation.

Des guerres civiles mondialisées

Il y a moult crimes en masse et massacres qui viennent de toutes parts. Ce ne sont pas des génocides mais des crimes de guerre à grande échelle aussi bien dans l'espace (Europe, Monde) que dans le temps (30 ans), même si la rhétorique en prend l'apparence dans ce cadre historique.

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La révolution

ou l'ouverture vers un nouveau monde

La crise historique accélère l'émergence d'un renversement de tendance vers un nouveau stade historique dans une société d'ancien régime en fin de vie dont le pouvoir fait tous pour paraître vivant au détriment de la population.

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Un nouvel espoir

LIBERTÉ

ÉGALITÉ

FRATERNITÉ

La négation des valeurs révolutionnaires

Or, 

« Plus de patrie, si la Révolution ne concentre pas ses forces. Les Girondins s'épuisent en discours sur la liberté, sur les constitutions futures. « Sauvons le présent » crie la Montagne; exister d'abord, on s'organisera ensuite. »

En effet, les membres de l'ancien régime font tout pour maintenir le règne de leur ordre moribond. Les révolutionnaires n'ont donc pas le temps de tergiverser dans des discours politiques et d'organiser des élections ou autres outils républicains pas encore démocratiques. 

La démocratie, soit la souveraineté immédiat du peuple c'est d'abord défendre la patrie soit la nation des citoyens soit la nation des hommes libres et égaux. 

Sans quoi la contre-révolution puissante en logistique, en tactique et en masse média retournerait facilement la situation avec l'aide de petites gens enfermés dans un passé idéalisé par la religion et horrifié par l'innovation de la modernité. 

Dans ce cadre déjà en crise, la guerre civile est inéluctable entre traditionaliste et moderniste pour la survie des valeurs révolutionnaires. 

La seule stratégie est de vaincre. Même si la conséquence en est la négation dans ce moment des valeurs que l'on défend jusqu'au-boutiste par abnégation. 

Il en restera quelques choses à la fin qui pourra ainsi être actualisé dans une période de stase historique.

Avènement de l'Homme Historique

La dialectique du tyran et du salvateur

et

 la personnalisation de la crise historique

~

Vers la sortie de crise

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Facteur de trahison

après la crise historique

Le « facteur de trahison » est un principe sociologique d'Alexandre Zinoviev décrit dans La Suprasociété globale et la Russie

Ce principe rentre dans le cadre de la théorie sur les sphères communalistes.

Dans le processus historique complexe, ce facteur permet de comprendre dans toute sa complexité le phénomène de trahison à grande échelle, c'est-à-dire au niveau d'une patrie.

Ce facteur de trahison est nécessaire dans la compréhension scientifique du comportement divers et disparates des individus, des masses et des collectivités.

Ce qui n'est pas le cas de la trahison du domaine moral et juridique. Le facteur de trahison n'a donc rien d'une marotte comme le veut la doxa wikipédienne ; la théorie du facteur de trahison va naturellement à l'encontre de l'historiographie dominante sur l'effondrement de l'URSS et surtout celle des conclusions fascistes diffusées massivement par la fondation Hoover et son intelligentsia néolibérale qui rappellent celles de Herr Vogt, histoire d'une calomnie de l'anticommunisme.

Le facteur de trahison est également identifiable dans d'autres livres d'Alexandre Zinoviev. C'est ce que reprend l'article de Valentin Martin dans lequel on retrouve d'ailleurs le lien qui se dirige vers l'extrait de La Suprasociété Globale Et la Russie.

De façon objective et immanente, dans le cadre historique global (environnement - externe à la société) et non pas seulement sur le strict plan national (cellule - la société), cette théorie met en évidence le comportement (interactions) général des individus (génétique - interne à la société) qui les conduit à la destruction de la société « traditionnelle » (spontanée) ou du « génome ». Zinoviev utilise souvent la métaphore de l'organisme pour la société sans tomber dans l'organicisme du néolibéral Herbert Spencer. C'est ainsi que j'ai utilisé la métaphore de la triple hélice de Richard Lewontin : environnement-cellules-gènes.

Alexandre Zinoviev use effectivement de la dialectique tout à fait consciemment. Comme le fait remarquer Engels, il y a plusieurs chemins qui permettent de découvrir la dialectique dans l'étude de l'objet, c'est à dire dans les sciences.

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ORIGINE DU COMMUNISME 

DES PAYS COMMUNISTES DU XX

Sphère Communautaire 

Pierre TKATCHEV, lettre à ENGELS. (1874)


=> confirme parfaitement la configuration sociologique type communautaire de la Russie théorisée par Alexandre Zinoviev. Mais, là où Tkatchev se trompe c'est de mettre dans le même sac le pouvoir capitaliste et l'état féodal/impérial. Sa conception reste économiste bien que nul dans l'empire tsar d'où un état basé sur une illusion. Marx et Engels réfutent cette vision économiste des sociétés (lettre d'Engels à Joseph Bloch, 1880).

Pour AZ, l'idéologie est une force immanente sociologique à la société type communautaire de la même manière que pour KM, la production est une force immanente à la société type professionnel.

Le pouvoir capitaliste aliène la propriété des moyens de production (sphère professionnelle) qui caractérise nos sociétés. L'état impérial avec la religion ne fait qu'un avec la société. Tkatchev le fait d'ailleurs remarquer : "la forme social [donc la sphère communautaire] doit son existence à l'Etat".

Cependant, c'est plutôt le premier qui ne tient qu'à un fil (Le privé de la propriété) maintenu par un phénomène de mystification et fétichisation tandis que l'autre (état fort, religion/idéologie puissante, collectivisation ancienne) forme un bloc des plus solides. Ce n'était pas l'Etat seul qui était en fin de vie mais la société impériale dans sa globalité.

« Sachez qu'en Russie nous ne disposons d'aucun des moyens de lutte révolutionnaire qui se trouvent à votre service en Occident en général, et en Allemagne en particulier. Nous n'avons ni prolétariat urbain, ni liberté de la presse, ni assemblée représentative, ni rien qui nous donne l'espoir (dans la situation économique actuelle) de réunir en une association ouvrière organisée et disciplinée ... une population travailleuse hébétée et ignorante ... Une littérature ouvrière est inconcevable chez nous; même s'il était possible d'en créer une, elle se révélerait stérile, car la majorité de notre peuple ne sait pas lire ...

Nous n'avons pas de prolétariat urbain, c'est vrai. En revanche nous n'avons absolument aucune bourgeoisie. Entre le peuple qui souffre et le despotisme d'un Etat qui l'opprime, il n'existe aucune couche intermédiaire; nos ouvriers n'auront à combattre que la force politique ; celle du capital reste chez nous embryonnaire ...

Notre peuple est ignorant, c'est également un fait. En revanche, dans l'énorme majorité des cas, il est pénétré des principes de la propriété communautaire; si j'ose m'exprimer ainsi, il est communiste d'instinct, par tradition ...

Il en résulte clairement que notre peuple, malgré son ignorance, est beaucoup plus près du socialisme que les peuples de l'Ouest, pourtant plus instruits que lui ...

Notre peuple est accoutumé à la soumission et à l'esclavage, on ne saurait non plus le contester. Mais vous n'en devez pas conclure qu'il est satisfait de sa situation. Il proteste, il proteste sans arrêt. Sous quelque forme que se manifestent ces protestations, que ce soit sous la forme de sectes religieuses, (...) sous la forme du refus de payer l'impôt, ou sous celle de mutineries et de résistance ouverte à l'autorité, notre peuple proteste et, parfois, énergiquement ...

(...) Aussi peut-on dire du peuple russe qu'il est révolutionnaire d'instinct, malgré son hébétude apparente, et bien qu'il n'ait pas une claire conscience de ses droits ...

Nos intellectuels forment un parti révolutionnaire peu nombreux, c'est également vrai. Mais ce parti n'a d'autre idéal que l'idéal socialiste; ses ennemis sont presque plus impuissants encore que lui; et cette impuissance le favorise. Nos classes supérieures ne représentent aucune force économique (elles sont trop pauvres), ni politique (elles sont trop obtuses et trop habituées à s'en remettre à la sagesse de la police). Notre clergé n'est d'aucun poids ... Notre Etat ne paraît fort que vu de loin. En réalité, sa force n'est qu'apparence et illusion; elle n'a pas de racines dans la vie économique du peuple. L'Etat n'incarne, chez nous, l'intérêt d'aucune classe. Il les accable toutes également, en butte à la même haine de la part de chacune. Elles le supportent, elles tolèrent son despotisme barbare avec une totale indifférence. Mais cette tolérance, cette indifférence ... sont l'effet d'une erreur : la société s'est fabriqué l'illusion d'un Etat fort, et elle s'autosuggestionne de cette illusion ... Deux ou trois défaites militaires, une révolution simultanée des paysans dans une série de provinces, une révolution de palais en temps de paix, et l'illusion se dissipera instantanément : le gouvernement découvrira sa solitude, et que tous l'ont abandonné ...

A cet égard nous avons donc plus de chances que vous autres (c'est-à-dire l'Occident en général et l'Allemagne en particulier). L'Etat chez vous n'a rien d'une force imaginaire. Il s'appuie fermement sur le capital; il est l'incarnation d'intérêts économiques bien déterminés; ce n'est pas seulement la soldatesque et la police (comme chez nous) qui le soutiennent, mais tout le système de la société bourgeoise ... Chez nous ... au contraire, la forme sociale doit son existence à l'Etat, un Etat qui ne tient qu'à un cheveu, un Etat qui n'a rien de commun avec le régime social existant, un Etat dont les racines plongent dans le passé et non dans le présent ... »

cité par Kostas Papaioannou, "Marx et les Marxistes", Flammarion, Paris, 1972, pp. 264-265

=> https://clio-texte.clionautes.org/spip.php?page=ar...

Alexandre Zinoviev

Le communisme comme réalité, 1981

« Des millions de personnes ont participé au processus historique qui a donné naissance à la société communiste de l'Union soviétique. Ces personnes ont accompli des milliards d'actions différentes. Elles les ont accomplies dans leur propre intérêt. Elles ont agi selon les lois de la conduite communautaire et non pas seulement selon les lois de l'histoire, lesquelles n'interviennent pas dans la conduite des individus. Une partie de ces actions ont œuvré en faveur de la société nouvelle, l'autre contre. Parfois les même actions ont œuvré soit en faveur de cette société, soit contre. Les partisans de la nouvelles sociétés n'ont pas toujours forcément agi pour elle, et inversement ses adversaires ne lui ont pas toujours nui. Les révolutionnaires ont fait beaucoup contre la révolution et les contre-révolutionnaires beaucoup en sa faveur, sans s'en douter. »

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 41

Personne et fonction

Au niveau de la collectivité de base, les gens ne passent pas tant leurs journées à travailler qu'à échanger des informations, à se divertir, à faire en sorte de conserver et d'améliorer leur situation, à établir des contacts avec les personnes dont dépend leur bien-être, à assister à d'innombrables réunions, à tenter d'obtenir des bons de séjour, un logement, quelques fois même du ravitaillement supplémentaire. Ils améliorent leur qualification, reçoivent des certificats. Ils font partie de troupes d'amateurs, de clubs sportifs, sans parler bien sûr des cercles d'éducation politique. Ils font du travail social. Ils participent à des manifestations, des rencontres, des fêtes, des soirées, des excursions et des voyages. C'est leur vie propre qui se déroule là avec ses joies et ses peines, ses réussites et ses échecs, une vie pleine de passions et de drames. Et c'est de cette vie réelle que doit tenir compte en premier lieu toute description scientifique du communisme. Or c'est généralement la chose qu'ignorent tous ceux qui parlent du communisme. Ils préfèrent parler de choses extérieures beaucoup plus frappantes (les répressions, l'absence de libertés civiques), mais qui demeurent pratiquement inexistantes pour tous ceux qui vivent au niveau de la collectivité de base. Lorsque celle-ci aborde ces problèmes, c'est uniquement pour condamner les dissidents et exprimer son soutien aux autorités.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 161

Les dirigeants de la commune

Les gens ne découvrent le cadre de leur liberté (ou de leur manque de liberté) que lorsqu'ils se mettent à enfreindre les lois écrites et non écrites qui régissent le mode de vie communiste. Par exemple, lorsqu'ils organisent des sectes religieuses ou des groupes politiques, lorsqu'ils tentent de publier telle ou telle œuvre sans passer par la censure ou d'organiser des manifestations non autorisées, ils découvrent aussitôt l'absence de toute une série de libertés considérées comme banales dans les démocraties occidentales. On sait d'ailleurs parfaitement la façon dont réagit le pouvoir officiel. Mais ce qui est plus important encore, c'est que les autorités ne font en réalité qu'exprimer les réactions d'une très large fraction de la population face à ce qu'elle considère comme des dérogations aux normes de vie communiste. Nous n'avons pas ici affaire à un pouvoir méchant qui prive intentionnellement les individus des libertés les plus élémentaires, mais à une société qui dans ses fondements mêmes n'a nul besoin de ces libertés-là et qui leur est même hostile. Elles lui sont étrangères. Et la lutte menée contre elles se déroule avant tout au niveau des collectifs de base.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 183

La concordance

Il n'y a guère qu'une fraction insignifiante de la population qui ait intérêt à ce que la hiérarchie soit détruite, soit parce qu'ils sont avant tout guidés par leurs propres intérêts égoïstes ou encore parce qu'ils ne réfléchissent pas ; mais le plus souvent leurs discours soi-disant humanitaires sont des paroles en l'air. De nombreux mouvement d'opposition en Occident (particulièrement dans la gauche et chez les jeunes) sont en fait dirigés contre la structure inévitable de la société contemporaine, bien qu'habituellement leurs slogans soient ceux de la lutte contre l'impérialisme et le capitalisme. Ces mouvements sont dans leur essence anticommunistes, même si en vertu des conditions historiques ils revêtent l'habit communisme.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 264

Les organes répressifs incarnent simplement la fonction répressives et la force des communes généralisées à l'échelle de la société. Ce ne sont pas les organes répressifs qui contraignent les citoyens à adopter telle ou telle forme de conduite, mais les relations communautaires qui sécrètent les organes répressifs et leur octroient une force qui semblent ensuite être l'émanation de quelque force mystique et funeste venue "d'en haut".

  • Alexandre Zinoviev - Les fondements scientifiques de la sociologie (citation du Le Communisme comme réalité (p.269-270), 1981), Fabrice Fassio, éd. La pensée Universelle, 1988, p. 215

Le mal des organes de répression n'est que la quintessence du bien répandu par les citoyens eux-mêmes.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 269-270)

Entretien par Jacques Freymon, 1981

Vous savez sans doute que, dans mes livres, beaucoup de personnages — pour faire advenir le possible — luttent contre l’impossible. Mais si l’on rassemble 100.000 personnes, si on les enferme dans un enclos, si on les y laisse vivre pendant un an tout en les nourrissant normalement, je puis vous garantir que je sais à l’avance ce qui se passera d’ici là. Je puis vous l’inscrire quelque part, dans une petite enveloppe qu’on ouvrirait dans un an, afin de vérifier si je me suis trompé. Car de telles expériences sont innombrables : chaque fois que vous tentez d’organiser une très grande masse de gens, les modes d’organisation sont toujours et partout les mêmes. Et d’ici à un an, lorsque vous retrouverez ces gens enfermés, vous trouverez des subordonnés, des supérieurs, vous trouverez l’inégalité, vous trouverez une mafia et un petit « KGB » local.

  • L’exigence d'égalité, Alexandre Zinoviev entretien par Jacques Freymon, éd. Rencontres internationales de Genève, 1981, t. 8, partie L’exigence d'inégalité dans les sociétés communistes, p. 147

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Dans la crise historique du XX

(1914-1984...)

Mise en lumière d'une lutte des classes sur le système monde,

Et les conséquences internes aux pays communistes 

Ou l'origine de l'exacerbation des phénomènes communalistes

Guerres impérialistes ou la première crise historique du XX

(1914-1945)

La fin de l'ancien régime et l'hégémonie impérialiste

mouvements d'émancipation internationale et lutte contre le nazisme

Les erreurs de Lénine

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Objets : ses erreurs, sa conception du communisme, la première société moderne type communautaire, voie communautaire au modernisme/progressisme

En 1905, Lénine a écrit un article montrant 3 bases pour que sa société rentre dans la modernité :

1_ La constitution de milieux de production

Les milieux de productions étaient néant dans l'Empire Tsar bien qu'il y eu une tentative dans les année 1890 conduisant à une grande famine. 

Le but de la NEP était de constituer une sphère professionnelle. 

Mais, elle a échoué avec les mêmes causes et conséquences que la libéralisation du prix du blé par Turgot sous Louis XV en France : des spéculations et des disettes. 

En 1929, Staline, sous couvert d'un retour à la collectivisation, a boosté à la va vite l'industrialisation. 

Or, cette accélération à accentuer la désertification des campagnes et la surpopulation des villes devenues trop petites. 

Cela a conduit à la baisse de la productivité agricole et avec une petite période glacière et à la famine de année 1931-1932 similaire à celle des années 1890. 

L'industrialisation a pallié rapidement le problème de productivité agricole par la construction de tracteurs.

2_ La préparation d'un prolétariat au pouvoir

L'organisation se forme à la lumière des conseils des soviets de la révolution manquée de 1905. 

Mais, la majorité de la société est paysanne. Il y a très peu d'ouvrier.

Le marxiste Plekhanov lors de la Révolution avait prévenu qu'il fallait d'abord constituer une bourgeoisie de base soit des entrepreneurs. 

 Lénine en a reconnu son erreur.

« Nous comptions (…) pouvoir, par les ordres exprès de l'Etat prolétarien, organiser à la manière communiste, dans un pays de petits paysans, la production et la répartition des produits par l'Etat. La vie a montré notre erreur. »

  •  Lénine (1921). Pour le quatrième anniversaire de la révolution (p.51). in éd. Editions Sociales,1959.

3_ Et le plus important : LE TEMPS

Or, nous sommes en pleine crise historique de 1914-1945 dite guerre civile mondialisé (Enzo Traverso, Domenico Losurdo) ou guerre de trente ans (F. Engels par anticipation et Arno J Mayer).

 Rosa Luxembourg l'avait mis en garde dans la construction d'une société socialiste dans ces conditions des plus défavorables.

Lénine en a également reconnu son erreur :

« Sur le front économique, avec la tentative de passage au communisme, nous avons subi au printemps de 1921 une défaite plus grave qu'aucune de celles que nous avaient infligées Koltchak, Dénikine ou Pilsudski, une défaite beaucoup plus grave, beaucoup plus dangereuse et lourde de conséquences. 

Elle s'est exprimée dans le fait que notre politique économique, à son sommet, s'est trouvée séparée de la base, et n'a pas engendré l'essor des forces productives que le programme de notre parti reconnaît comme la tâche fondamentale la plus urgente.»

  •   Lénine (1921). Rapport au IIième Congrès des Services d'Education (p. 57). In éd. Editions Sociales, 1959.

RÉALISTE A POSTERIORI MAIS ...

Ces trois points sont valables et réaliste mais dans une période sans crise et sans pression extérieure de la part des impérialistes.

"Il faut toute une époque historique. En mettant les choses au mieux, nous pouvons la franchir en dix ou vingt ans."

=> De la coopération (1921), Lénine, éd. Editions Sociales, 1959, p. 483

Comme il n'y a pas eu de possibilité d'une constitution d'une base professionnelle (milieux de production) contrairement à notre société qui l'a développée depuis la Renaissance mais pas sans mal (colonialisme, esclavagisme, capitalisme, impérialisme avec ses génocides et ses exploitations), Staline n'a pu que rester sur des bases communautaires comme sous l'Empire Tsar. Ce qui fut utile dans la guerre contre le colonialisme Allemand puisque ça constitue un véritable bastion.

Il y eu ainsi une transformation d'une société communautaire type féodale/impériale en une société communautaire type moderne et cela dans des conditions historiques les plus extrêmes et à une vitesse astronomique.

De ce fait la source du communisme de Lénine était celle de Marx et Plekhanov soit dans la sphère professionnelle. Mais, en Russie il fallait tout construire de A à Z contrairement au monde capitaliste où il faut simplement abolir le privé de la propriété des moyens de production.

... LE TEMPS N'Y ÉTAIT PAS. 

Par conséquent, Staline en a trouvé inconsciemment une alternative en lien avec la société immédiate. Le communisme des pays communistes du XX a pour origine la sphère communautaire que forme déjà la société féodale.

Poutine est un nostalgique de l'ancien régime avec son état fort, sa religion orthodoxe toute puissante et une collectivisation/collectivité ancestrale. Poutine reste dans le traditionalisme tandis que Staline va au progressisme (modernisme). 

Cepednat, Staline a voulu revenir sur des bases léninistes soit la construction d'une base professionnelle. Il voulait pour cela recycler les goulags, puisque c'est la seule base professionnelle mais née de la crise historique et non de la société elle-même comme cela a été en occident. Mais, après Staline rien n'a changé, c'est resté 100% communautaire.

L'URSS fut la première société moderne type communautaire.

Dans les colonies, les intellectuels progressistes se sont aperçus que le modernisme n'avait pas besoin de base professionnelle comme chez Marx alors s'est ouverte la voie de la décolonisation (Indochine, Chine, Cuba, Amérique latine, Viet-Nam). 

L'impérialisme ne s'en remet toujours pas.

Histoire de l'URSS sous Staline

Citations « Histoire de l'URSS sous Staline » sur Wikiquote, le recueil de citations libre

L’URSS sous Staline (1927–1953) fut un État souvent qualifié de « totalitaire », modelé d'abord par le peuple, puis de la prise de conscience du pouvoir par les dirigeants que cela imposaient, ces derniers disposèrent du pouvoir absolu et se firent entourer d'un intense culte de la personnalité autour de Staline.

Sommaire


Winston Churchill sur le pacte germano-soviétique

la politique de l'Union soviétique : « C'est une devinette, doublée d'énigme, le tout enveloppé d'un grand mystère. »

  • Le sourire du flamant rose (1985), Stephen Jay Gould (trad. Domique Teyssier avec Marcelle Blanc), éd. Point, coll. « Sciences », 1993 (ISBN 2-02-019416-3), chap. 15 - La clé du mystère, p. 261

Du côté des Soviets, il faut dire que c'était une nécessité vitale de maintenir les armées allemandes sur des bases de départ aussi éloignées à l'Ouest que possible (...) Aujourd'hui leurs frontières passaient beaucoup plus loin à l'Est que lors de la précédente guerre. Il leur fallait occuper les États baltes et une grande partie de la Pologne par la force ou par la ruse avant d'être eux-mêmes attaqués. La politique qu'ils pratiquaient dénotait un grand sang-froid et elle était même, en l'occurrence, réaliste au plus haut point.

  • Citation des Mémoires de Winston Churchill rapportée In De l'accord de Munich au Pacte germano-soviétique du 23 août 1939, Roger Maria, éd. Harmattan, coll. « Recherches et documents/La Seconde Guerre mondiale », 2000, p. 6


Alexandre Zinoviev

Des millions de personnes ont participé au processus historique qui a donné naissance à la société communiste de l'Union soviétique. Ces personnes ont accompli des milliards d'actions différentes. Elles les ont accomplies dans leur propre intérêt. Elles ont agi selon les lois de la conduite communautaire et non pas seulement selon les lois de l'histoire, lesquelles n'interviennent pas dans la conduite des individus. Une partie de ces actions ont œuvré en faveur de la société nouvelle, l'autre contre. Parfois les même actions ont œuvré soit en faveur de cette société, soit contre. Les partisans de la nouvelles sociétés n'ont pas toujours forcément agi pour elle, et inversement ses adversaires ne lui ont pas toujours nui. Les révolutionnaires ont fait beaucoup contre la révolution et les contre-révolutionnaires beaucoup en sa faveur, sans s'en douter.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev, éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 41

Ne crois pas que je sois stalinien, disait l’Inspirateur. Je veux simplement dire que jusqu’à présent on a considéré le stalinisme soit de l’extérieur (à travers le regard des observateurs occidentaux), soit du point de vue de l’autorité personnelle de Staline et du système de répression. Le temps est venu de voir le stalinisme par en bas, c'est-à-dire en tant que phénomène de masse, en tant que grand processus historique d’accès de millions de gens des couches inférieures de la société à l’éducation, à la culture, à la création, à l’activisme. Beaucoup de gens ont péri, c’est vrai. Mais il y en a plus encore qui en sont sortis, qui ont radicalement changé leur mode de vie ; dont la situation s’est élevée, dont la vie est devenue plus intéressante comparée à ce qu’elle était auparavant. Cela a été pour une masse énorme de la population un essor culturel, spirituel, matériel sans précédent dans l’histoire, un processus créateur dans tous les domaines fondamentaux de la vie. On n’en a pas encore mesuré tout le prix. Je pense qu’il faudra des siècles pour lui rendre objectivement ce qui lui revient.

Si un nouveau Staline me proposait, disons deux ou trois ans de pleins pouvoirs dans mon domaine tout en me prévenant qu’après ça je serais fusillé, j’accepterais sa proposition. Je voudrais au moins une fois dans ma vie, et fût-ce un court moment, fondre ma pensée et ma volonté dans l’un des courants de la grande histoire. Sous Staline c’était possible. Maintenant plus. Je sais que ce qui est en cause ici ce n’est pas la personnalité de Staline, mais le caractère mêlé de l’époque qui a entre autre donné naissance à Staline. Mais nous avons l’habitude de personnifier les époques et de lier des espérances chimériques à des personnalités.

Au cours des années 30, le personnel dirigeants du district de Partgrad fut arrêté dans sa totalité par deux fois, et l'appareil régional par trois fois. Tous ce monde fut d'ailleurs coffré à juste titre, pour des délits administratifs et de droit commun, et si les chefs d'accusation prenait une couleur "politique", c'était pour répondre aux goûts du temps. Les victimes elles-même l'acceptaient volontiers, préférant passer pour des ennemis du peuple plutôt que des escrocs, des débauchés, des imbéciles, des incapables, des ivrognes.

  • Katastroïka, Alexandre Zinoviev (trad. Jacques Michaut), éd. Julliard L'âge d'homme, 1984, p. 35

La période stalinienne est l'une des plus intéressantes de l'histoire de l'humanité. Or il est pratiquement impossible d'en faire une description scientifique à la fois complète et exacte. Les documents de cette époque ont été détruits ou falsifiés. D'ailleurs en général les faits significatifs se sont déroulés sans laisser de traces écrites. Mais le peu qui a été conservé est inaccessible, tant aux chercheurs qu'aux écrivains. Les gens alors ne rédigeaient pas leurs mémoires. Ils avaient peur. Ils n'espéraient guère que cela puisse servir dans l'avenir. Et d'ailleurs ils n'avaient rien à dire. Les souvenirs qui sont publiés actuellement sont des falsifications antidatées.

  • Le Héros de notre jeunesse, Alexandre Zinoviev (trad. Jacques Michaut), éd. Julliard L'âge d'homme, 1984, p. 100

Dans la société soviétique, les tendances à l'asservissement réciproque qui se manifestaient déjà à l'époque de Tchékhov se sont renforcées démesurément. Par rapport à la société du passé l'esclavage communiste multiplie considérablement le nombre de ceux qui deviennent les dépositaires de l'autorité officielle de sorte que presque tous les membres ordinaires de la société sont en fait investis d'une parcelle de pouvoir qu'ils exercent sur les autres. Cette société a étendu la masse du pouvoir qui a atteint des dimensions sans précédents et elle en a confié l'exécution à des millions de simples gens. Elle les a investis suivant la lois qui y déterminent la distribution des biens : à chacun selon sa position sociale. Mais chacun y reçoit sa part.C'est un esclavage particulier, où la soumission de chacun est compensée par la possibilité de voir autour de lui des créatures soumises à sa propre autorité. Ainsi, ç la place de la liberté s'offre la possibilité de priver les autres de leur liberté, c'est-à-dire d'obtenir la participation dans l'asservissement. Un ersatz de liberté est proposé ici aux citoyens: ce n'est pas l'aspiration à être libre, mais l'aspiration à priver les autres de leur volonté de liberté. Ce qui est beaucoup plus facile que de lutter pour ne pas être un esclave.

... [le] stalinisme historique (ou simplement stalinisme) est la forme sous laquelle la société communiste s'est créé en Union Soviétique sous l'impulsion de Staline, de ces lieutenants et de tous ceux qui exécutaient leurs volontés et agissaient conformément à leurs idées et directives (ces derniers peuvent-être qualifiés de « staliniens historiques ». La société communiste n'est pas le produit de la volonté d'un homme. Elle surgi en obéissant à des lois sociales objectives, qui se sont révélées à travers l'activité de certains individus, de sorte que la forme qu'elles ont prise porte la marque de Staline et des staliniens."

  • Les confessions d'un homme en trop, Alexandre Zinoviev, éd. éditions Folio, 1991, p. 337

Toute guerre révèle d'une manière ou d'une autre les caractéristiques fondamentales des sociétés qui y sont impliquées. Celle de 1941-1945 a permis au système communiste de montrer son étonnante capacité à assurer sa survie, se perpétuer et se renforcer dans des situations limites, au point qu'il est permis de dire que ce sont les conditions particulièrement hostiles et non la prospérités, qui sont les plus favorables aux systèmes.

  • Les confessions d'un homme en trop, Alexandre Zinoviev, éd. éditions Folio, 1991, p. p.196

Jacques Sapir

[les campagnes militaires soviétique] s'inscrivent dans une histoire plus globale, celle de la société soviétique, voire de l'histoire russe. L'art militaire soviétique n'est pas sorti tout armé du crâne de quelques théoriciens. Il est le produit d'un processus de maturation qui débuta du temps du régime tsariste et en particulier des suites d'un autre conflit qui eut la Mandchourie pour terrain, la guerre russo-japonaise de 1904-1905. L'évolution de l'art militaire renvoie alors à celle de la société; elle met en valeur les relations particulières et difficiles entre logique professionnelle et logique politique de l'URSS.

  • La Mandchouri oubliée, Jacques Sapir, éd. Du Rocher, 1996, p. 15

Jean‑Paul Depretto

La victoire sur Hitler prouva que le système fonctionnait. Les années 1941‑1945 ont été marquées par des tendances contradictoires : centralisation accentuée dans le Comité d'État à la Défense, décentralisation de la gestion. Le régime se concentra sur ce qu’il assurait le mieux : produire du matériel militaire en recourant à la coercition. Pendant ce temps, il abandonna aux citoyens les domaines où ils excellaient : se débrouiller grâce à leurs relations, s’occuper de leur jardin, mettre en commun des ressources, aider famille et amis. C’est dans cette centralisation‑décentralisation qu'Edele trouve le secret de la victoire de Stalin.

Pacte germano-soviétique

Citations « Pacte germano-soviétique » sur Wikiquote, le recueil de citations libre

Le Pacte germano-soviétique ou Pacte Molotov-Ribbentrop, officiellement Traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union soviétique, désigne les accords diplomatiques et militaires signés entre le IIIe Reich et l'URSS, le 23 août 1939, à Moscou, au Kremlin, en présence de Staline, entre le ministre des Affaires étrangères de l'URSS, Viatcheslav Molotov, et celui du IIIe Reich, Joachim von Ribbentrop.

Winston Churchill

Du côté des Soviets, il faut dire que c'était une nécessité vitale de maintenir les armées allemandes sur des bases de départ aussi éloignées à l'Ouest que possible (...) Aujourd'hui leurs frontières passaient beaucoup plus loin à l'Est que lors de la précédente guerre. Il leur fallait occuper les États baltes et une grande partie de la Pologne par la force ou par la ruse avant d'être eux-mêmes attaqués. La politique qu'ils pratiquaient dénotait un grand sang-froid et elle était même, en l'occurrence, réaliste au plus haut point.

  • Citation des Mémoires de Winston Churchill rapportée In De l'accord de Munich au Pacte germano-soviétique du 23 août 1939, Roger Maria, éd. Harmattan, coll. « Recherches et documents/La Seconde Guerre mondiale », 2000, p. 6

Clement Attlee

Les diplomates britanniques et français ont traité le gouvernement soviétique avec une telle désinvolture que nous aurions, nous travaillistes, agi comme Staline et signé l'acte du 23 août 1939.

  • Citation de Clement Attlee au lendemain du Pacte rapportée In De l'accord de Munich au Pacte germano-soviétique du 23 août 1939, Roger Maria, éd. Harmattan, coll. « Recherches et documents/La Seconde Guerre mondiale », 2000, p. 6

Guerre froide ou la seconde crise historique du XX

(1954-1984 à aujourd'hui)

fin des Empires et hégémonie de l'occidentisme

émancipation nationale et lutte anti-coloniale

Facteur de trahison en URSS

(1954 - 1984)

Le facteur de trahison permet à Alexandre Zinoviev de définir le comportement de la population soviétique après la mort de Staline vis à vis de la société communiste post-féodale et ainsi de l'idéologie communiste post-féodal de l'URSS. 

La société et son idéologie ont émergé et se sont actualisé dans un cadre complexe de crise historique : 

  • La formation de la société communiste post-féodal en URSS est en prise dans la spirale d'une guerre civile européenne de 1914-1945. 
  • D'un point de vue sociologique, la société communiste est à maturité sous l'ère Khroutchev. 
  • D'un point de vue historique, tous les pays du communisme post-féodal et post-colonial sont en prise dans la spirale de la guerre "froide" de 1952-1982.

Contrairement à Napoléon Ier et à Karl Marx qui voyaient dans l'idéologie un mensonge et un phénomène transcendant à la société, Alexandre Zinoviev voit l'idéologie pris au sens d'Antoine Destut de Tracy (in Les confessions d'un homme en trop) une notion importante et immanente aux sociétés. 

Dans le contexte historique (1914-1945) de la formation de la société communiste, l'idéologie communiste substituant la religion orthodoxe a participé à la victoire soviétique contre le nazisme, a malgré tout généré une certaine amélioration sociale vis-à-vis de la période tsariste, puis a contribué aux développements des sciences et des techniques du pays (in les confessions d'un homme en trop)

Étant donné que l'idéologie est une base importante à la société soviétique, le facteur de trahison a brisé un lien entre la société et l'idéologie. Cette trahison conduit l'idéologie de la société soviétique vers l'occidentisme. Or, cette idéologie issu d'un mode de vie idéale des États-unis est en contradiction avec les phénomènes généraux de la société soviétique.

Par exemple, l'occidentalisme non avoué de Khroutchev a eu pour conséquence des plans absurdes aboutissant à des catastrophes. 

  • la plantation de maïs (in Le Gorbatchevisme) en Russie entre autres. Cette plantation de maïs et non de coton a conduit à l'asséchement de la mer d'Aral. 
  • La survivance du Lyssenkisme et de ses deux sciences pourtant désavoués par Staline. Le botaniste lamarckien Lyssenko a été pris sous l'aile de Khroutchev jusqu'à sa mort
  • ... etc.

Voilà, pour les cas les plus connus et les plus spectaculaires.

Mais, la facteur de trahison touche la moindre surface de la sphère sociologique. 

Ainsi, ce phénomène s'est petit à petit diffusé, lentement et progressivement, du sommet de l'Etat depuis 1954 jusqu'à la base populaire dans les années 1980 en passant par les intellectuels (et dissidents) dans les années 70. La maturité de la trahison est sous la Pérestroïka :

« Avant que la crise se déclare (autrement dit, avant la pérestroïka), l'idéologie distillait aux Soviétiques une image négative de l'Ouest et une occidentiphobie. Cette orientation correspondait, jusqu'à une certain point, à la nature de la société soviétique et aux faits historiques, elle lui permettait de survivre dans des conditions exceptionnellement dures. L'idéologie avait alors un caractère conquérant, conforme à la stratégie politique offensive de la direction soviétique. Certes, une certaines idolâtrie de l'Occident la contenait, ne fût-elle que formellement. Avec le début de la pérestroïka, un tournant sans précédent s'effectue dans le rapport à l'Occident, perceptible dans l'idéologie officielle. Celle-ci tombe soudain dans l'excès inverse, au vu et au su, naturellement, de la direction suprême, à son instar et à son injonction. On entreprend d'imposer aux Soviétique une vision positive de l'Ouest et occidentophilie. L'idéologie perd son caractère offensive, s'engage sur la voie de la capitulation devant l'idéologie occidental, ce qui correspond parfaitement à l'abandon, par la direction soviétique, de sa politique stratégique offensive. Cette nouvelle orientation de l'idéologie (la "nouvelle pensée") apparaît, en revanche, en contradiction total avec la nature même de la société soviétique en tant que société communiste. La chose ne se produit pas par hasard : tout cela est voulu, pleinement conforme au caractère profond de la politique de la pérestroïka, qui vise à saper les base du communisme. » (Pérestroïka et contre-perestroïka, La guerre tiède, p.79)

En effet, « Alexandre Zinoviev note que l'histoire de la Russie est, depuis ses origines, une histoire de l'Etat. ». Dés lors, d'un point de vue sociologique de l'histoire de la Russie, « le pouvoir et l'administration » et la religion orthodoxe (substituée par l'idéologie) ont toujours été les piliers inaliénables de cette société séculaire.

L'état et la religion sont la base de la société globale. Cette dissolution latente de l'idéologie force à la chute du régime communiste soviétique et de la structure sociale elle-même. Cela est poussée par la propagande des pouvoir occidentaux et « des sanctions économiques, politiques, du soutien actif apporté aux mouvement démocratiques et nationaux, du discrédit jeté sur les régimes politiques » (in Prestroïka contre perestroïka) contre l'idéologie et la société communiste post-féodal.

« On a vu apparaître des déserteurs, des traîtres, des collaborateurs idéologiques, et même des généraux de l'idéologie se presser en foule pour s'agenouiller devant l'adversaire. La "nouvelle pensée" a viré, dans la réalité, à la trahison et à la capitulation. Le tournant idéologique évoqué plus haut ne s'est pas limité au domaine de la conscience. La nouvelle idéologie (la "nouvelle pensée") a commencé à être mise en pratique. La direction politique d'occidentalisation forcée du pays, visant à imposer des rapports sociaux de types capitalistes et les formes politiques correspondantes. » (Prestroïka contre perestroïka, La guerre tiède, p83)

Cette chute de la société soviétique ne s'est donc pas faite d'elle-même et surtout pas de l'intérieur comme le veut la vision néolibérale.

« Les forces extérieures qui ont manipulé le pouvoir soviétique ont encouragé intentionnellement la trahison, en la représentant mensongèrement dans leur propagande sous la forme du bien et, à l’intérieur du pays, il ne s’est présenté aucune force capable de juger le pouvoir pour cette trahison et de prendre envers ce pouvoir les mesures qu’il est d’usage d’adopter envers les traîtres. » (in Prestroïka contre perestroïka).

Ceci rejoint la critique de Ludwig Büchner selon laquelle :

« Il est faux que tous les essais communistes aient été malheureux; que là où ils ont échoué, leur insuccès a été amené par des difficultés extérieures plutôt qu'intérieures. On peut enfin faire remarquer à bon droit qu'au point de vue économique et social les avantages de la communauté des biens promettent d'être tout à fait extraordinaires, et qu'il est très possible d'imaginer un état social où, sans péril pour le but même de la société ou pour l'individualité de chacun, le travail dégagé de toute contrainte et purement volontaire, aurait uniquement pour but le bien de la communauté. (L'Homme selon la science, son passé, son avenir (1869), Ludwig Büchner (trad. Letourneau), éd. Reinwald, 1885, p. 224).

Liens externes

Corée du Nord

Citations « Corée du Nord » sur Wikiquote, le recueil de citations libre

La Corée du Nord (en coréen Puk Chosŏn, 북조선 (hangul), 北朝鮮 (hanja)), officiellement la République populaire démocratique de Corée (en coréen Chosŏn Minjujuŭi Inmin Konghwaguk, 조선민주주의인민공화국 (hangul), 朝鮮民主主義人民共和國 (hanja)), est un État qui couvre la partie Nord de la péninsule coréenne située en Asie orientale. Sa capitale est Pyongyang.

[L'article a été ouvert juste avant mon intervention. Je post simplement ci-dessous les citations que j'ai ajoutées. Je n'ai pas mis les jugements et aprioris des journalistes suisse du Le Matin. ]

Le visiteur du Sud

Les gens d'ici, comment se rencontrent-ils ? comment passent-ils du temps ensemble ? Ça m'a toujours intrigué. »

Et là, aujourd'hui ça y est, je les ai vu ! Une jeune femme et un jeune homme amoureux, quelque soit l'endroit où l'on se trouve, c'est toujours beau.

  • Le Visiteur du Sud, Oh Yeong Jin, éd. Flblb, 2011, p. 98

L'horreur impériale

En 1993, la CIA et le Pentagone ont accusé la République populaire de Corée (RPDC), mieux connues comme la Corée du Nord communiste, de s'engager dans un programme clandestin d'armement nucléaire. Comme Preuve il mettait en avant l'extraction traditionnelle de barres de plutoniums de leurs installations nucléaires. Ce que les médias et les responsables américains omettaient de préciser, c'est que, entre mai 1992 et janvier 1993, la Corée du Nord a autorisé six inspections sur le terrain de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)

  • L'horreur impériale, Michael Parenti, éd. Aden, 2003, partie Pour la cause - Dissuader la prolifération des armements, p. 123

Dans une interview accordée à CNN le 14 avril 1994, le président nord-coréen Kim Il-Sung a insisté sur le fait que son pays n'avait ni la capacité ni l'intention de construire des armes nucléaires : "Ce que Le monde nous demande aujourd'hui de montrer des armements nucléaires que nous n'avons pas. [...] Nous avons beaucoup construit dans notre pays et nous ne voulons pas détruire cela. Ceux qui veulent la guerre sont insensés.". Dans une autre interview accordée à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, Kim ajoutait : "Quel serait pour nous l'intérêt de produire une ou deux armes nucléaires lorsque vous avez plus de dix milles systèmes de frappes que nous n'avons pas ?".

  • L'horreur impériale, Michael Parenti, éd. Aden, 2003, partie Pour la cause - Dissuader la prolifération des armements, p. 123

Dans une interview accordée à NBC-TV le 3 avril 1994, le secrétaire d'État à la défense William Perry a froidement remarqué : "Il est concevable que les actions - américaines - puissent aller jusqu'à provoquer les Nord-Coréens dans le déclenchement d'une guerre et c'est un risque que nous acceptons de prendre"

  • L'horreur impériale, Michael Parenti, éd. Aden, 2003, partie Pour la cause - Dissuader la prolifération des armements, p. 124

Le prédécesseur de Perry, Les Astin, avait souligné : "Notre objectif est centré sur la nécessité d'étendre notre pouvoir dans des régions vitales pour nos intérêts et de vaincre des puissances régionales potentiellement hostiles telle que la Corée du Nord et l'Irak"

  • L'horreur impériale, Michael Parenti, éd. Aden, 2003, partie Pour la cause - Dissuader la prolifération des armements, p. 124

En mai, 1994, le sénateur républicain de l'Arizona John McCain, considéré comme influent en matière de politique étrangère, a réclamé des frappes aériennes sur le réacteur nucléaire nord-coréen de Yongban, tout en admettant que "cela pourrait libérer des radiations nucléaires". Pyeong Yang avait donc quelque raison de penser qu'il pouvait-être pris pour cible. Ce que l'on n'a pas mentionné dans toute cette controverse, c'est que les États-Unis, d'après une estimation de l'Institut de Brooking en 1986, avaient installé un millier d'armes nucléaires en Corée du Sud à proximité de frappe du Nord.

  • L'horreur impériale, Michael Parenti, éd. Aden, 2003, partie Pour la cause - Dissuader la prolifération des armements, p. 124

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SOURCE DU COMMUNISME 

DANS LES PAYS CAPITALISTES

Occidentisme

L'occidentisme1 est un concept utilisé par Alexandre Zinoviev permettant de distinguer la définition concrète d'Occident, l'ensemble des pays et de peuples de celle abstraite, ensemble de phénomènes liés au caractère spécifique de tel ou tel pays (démocratie, capitalisme, pluralisme, société ouverte...).

Le terme occidentisme désigne ainsi le « modèle social des pays occidentaux, ce qui leur est commun et se reflète dans l'utilisation abstraite du mot « Occident » et le vocabulaire de la politique, de l'idéologie et de la propagande ».

Dans ce phénomène social complexe et unitaire, on trouve à la fois le capitalisme, la démocratie et le socialisme (le communisme).

L'Occidentisme - Essai sur le triomphe d'une idéologie1,2 (Zapadnism) est un essai d'Alexandre Zinoviev sur l'anatomie du monde occidental. Il opère une modélisation de l'organisme social qu'est la société occidentale en général comme il l'a fait avec l'URSS dans ses œuvres sur la société communiste :

L'occidentisme, 1995


Structure sociale de la population

Lorsque l’on examine la structure sociale de la population de l’Occident, il est impossible d’ignorer les millions d’ouvriers immigrés sans lesquels la société occidentale moderne est impensable.

L’aspiration des millions d’immigrés à se fondre de leur plein gré dans la société occidentale n’influence guère leur statut au sein de cette dernière. Ils forment une couche sociale stable comparable aux esclaves de l’empire romain.[...] Proportionnellement à la population, les esclaves de l’empire romain étaient moins nombreux que nos travailleurs immigrés. Pourtant, la société romaine était classée comme esclavagiste alors que l’on appelle démocratique l’occidentale.

L’existence de la couche des travailleurs immigrés a déjà engendré, en Occident, des problèmes qui comptent parmi les plus importants et difficiles de notre époque.[...] Quelle que soit la manière dont on les qualifie, ces graves conflits sont devenus, et pour longtemps, une donnée permanente de la vie à l’Ouest. La permanence de cette couche sociale et son maintien dans cet état semi-servile est objectivement indispensable à l’existence d’une société dont les contradictions sont exacerbées par le discours sur les libertés civiles, les droits de l’homme et l’égalité des chances. Dans une certaine mesure, c’est une aubaine pour l’Occident que ces problèmes soient perçus comme raciaux : cela permet d’occulter leur essence sociale et leur caractère organique. Dans le cas contraire, ils seraient apparus depuis longtemps pour ce qu’ils sont en réalité : les escarmouches d’un conflit de classes.

État droit et argent

Il me semble que dans le système de séparation des pouvoirs, il faudrait ajouter à ses trois composantes traditionnelles, le législatif, l’exécutif et le judiciaire, une quatrième : le pouvoir monétaire.

La concurrence

Les jugements des uns et des autres évoluent avec le temps, mais je n'ai pas rencontré le point de vue qui me semble le plus proche de la vérité : elle - la concurrence - n'a jamais été la forme unique, ni même la forme dominante de l'activité économique dans la société occidentale.

Son rôle est exagéré et idéalisé.

Le véritable domaine de la concurrence est celui de la criminalité.

La libre concurrence semble avantager les génies du mal plutôt que ceux du bien.

La haute efficacité économique de la société occidentale est atteint grâce à de nombreux facteurs dont les plus importants sont la dictature du travail, le travail planifié des entreprises, le totalitarisme monétaire, la dictature des banques, le contrôle de l'État, l'utilisation du progrès scientifique et technique. La libre concurrence est l'un de ces facteurs, mais certainement pas la plus importante.

Le communisme de Marx 

Karl Marx a abordé à la fois la philosophie, la sociologie, l’analyse économique du capitalisme dans le cadre du matérialisme et de la science. Il a appliqué, toujours dans le cadre matérialiste, une analyse critique des pensées de Pierre-Joseph Proudhon, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Ludwig Feuerbach, etc. Il a donc construit une nouvelle conception d'étude des sociétés que l'on nomme conception matérialiste de l'histoire.

Dans le cadre éthique, il milite pour le projet révolutionnaire communiste, c'est-à-dire une société débarrassée du salariat, du capitalisme, des classes sociales, des États, et des frontières.

Dans le cadre de la Ligue des communistes, Engels, Wilhelm Wolff, Marx et quelques autres y visaient à soumettre « à une critique impitoyable le mélange de socialisme ou de communisme anglo-français et de philosophie allemande, qui formait alors la doctrine secrète de la Ligue »; ils y établissaient que « seule l'étude scientifique de la structure de la société bourgeoise pouvait fournir une solide base théorique. ». Ils y exposaient enfin « sous une forme populaire qu'il ne s'agissait pas de mettre en vigueur un système utopique, mais d'intervenir, en connaissance de cause, dans le procès de bouleversement historique qui s'opérait dans la société. »2.

Ainsi dans les Manuscrits de 1844, Marx écrit : « Le communisme est la forme nécessaire et le principe dynamique de l'avenir immédiat, mais le communisme n'est pas en tant que tel ni le but du développement humain ni la forme de la société humaine »3. En 1845, dans L'Idéologie allemande, pour Marx et Engels, « le communisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. » Ils appellent « communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement. »4

En 1847, Engels définit ce mouvement réel dans le premier des Principes du communisme, « Qu'est ce que le communisme ? » : « le communisme est l'enseignement des conditions de la libération du prolétariat ».

Dans le Manifeste du Parti communiste en 1848, Marx et Engels remarquent que « le communisme, ce n'est pas l'abolition de la propriété en général, mais l'abolition de la propriété bourgeoise », condition de la libération du prolétariat. Par conséquent « Le communisme n'enlève à personne le pouvoir de s'approprier des produits sociaux ; il n'ôte que le pouvoir d'asservir à l'aide de cette appropriation le travail d'autrui. »5

En 1875, Marx indique dans un de ses derniers textes (la critique du programme du parti social-démocrate d'Allemagne) sa vision du communisme :

« A égalité de travail et par conséquent, à égalité de participation au fonds social de consommation, l'un reçoit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. Pour éviter tous ces inconvénients, le droit devrait être non pas égal, mais inégal.

Mais ces défauts sont inévitables dans la première phase de la société communiste, telle qu'elle vient de sortir de la société capitaliste, après un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais être plus élevé que l'état économique de la société et que le degré de civilisation qui y correspond.

Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » 6 »

  1. Herr Vogt, éd Costes, 1928, p105
  2. Critique de l'économie politique (1844), (trad. Kostas Papaïoannou), éd. Allia, 2007, partie 3. Communisme et socialisme, chap. XVII. Communisme et socialisme 2. Athéisme, communisme, socialisme, p. 167
  3. L'idéologie allemande, éd. La Pléiade, Œuvres, 1845, t. 3, p. 1067
  4. Manifeste du Parti communiste (1848), (trad. Laura Lafargue), éd. Champ libre, 1983 (ISBN 2-85184-138-6), partie II (« Prolétaires et communistes »), p. 47-48
  5. « 1875, gloses marginales au programme du Parti Ouvrier allemand » [archive], Karl Marx.
  6. Georges Haupt, "De Marx au marxisme", L'Historien et le Mouvement social, La Découverte, 1980, p. 93.

Le marxisme de Marx

Marx et Engels voulaient que l'on ne parle pas de marxisme, mais de « socialisme rationaliste critique »7 ou de « socialisme matérialiste critique »8 ou encore de « socialisme scientifique »9 pour la doctrine de la science pour éviter qu'on attribue à sa personne ce qui est le patrimoine théorique du prolétariat10.

Ainsi, Marx lui-même à plusieurs reprises, dans les dernières années de sa vie, dit à Paul Lafargue : « Si c'est cela le marxisme, ce qui est sûr c'est que moi, je ne suis pas marxiste », marquant sa volonté de se démarquer du « marxisme » proclamé par le Parti ouvrier français naissant. En effet, « les guesdistes se livrent à une vulgarisation de Karl Marx et Engels... mieux adaptée au public français ». C'est dans ce contexte que « Karl Marx, qui a rédigé les "considérants" du programme des guesdistes »11 qu'il aurait prononcé cette expression. Le terme est inventé à la fin des années 1870, par des adversaires des proches de Marx (les guesdistes, la Social-démocratie allemande) au sein de l'Association internationale des travailleurs12. L'expression apparaît textuellement pour la première fois en 1882 avec la brochure de Paul Brousse le Marxisme dans l'internationale 13,14.

Toutefois, il ne faut pas entendre par cette affirmation de Marx qu'il s'opposait à toutes formes de vulgarisation. Sa déclaration est avant-tout une opposition à toute théorie hagiographique. Pour le reste, Marx affirme que « les essais scientifiques, destinés à révolutionner une science, ne peuvent jamais être véritablement populaires. Mais une fois que la base scientifique est posée, la vulgarisation est possible... »15.

  1. Noëlle Castagnez-Ruggiu, Histoire des idées socialistes, La Découverte, coll. Repères n°223, 1997, p.47
  2. id. p47
  3. Karl MARX et Friedrich ENGELS, LA COMMUNE DE 1871, Lettres et déclarations pour la plupart inédite [archive] - Traduction et présentation de Roger Dangeville -, Union générale d'Éditions, Paris, 1971, 322p, p.4 (format pdf)
  4. René Bidouze, Lissagaray, le plume et l'épée, Les Editions Ouvrières, coll La part des homme, 1991 à la page 144-145
  5. Margaret Manale, Aux origines du concept de « marxisme » [archive], Études de marxologie, octobre 1974, p. (en ligne sur le site du collectif d'édition Smolny depuis le 8 mars 2011).
  6. Noëlle Castagnez-Ruggiu, Histoire des idées socialistes, La Découverte, coll. Repères n°223, 1997, p.49
  7. Margaret Manale, L’édification d’une doctrine marxiste [archive], Études de marxologie, janvier-février 1978, p.165-215 (en ligne sur le site du collectif d'édition Smolny depuis le 3 avril 2011)
  8. Lettre de Marx à Ludwig Kugelmann, 28 décembre 1862.

THÉORIE AZ/KM

Origines sociologiques, idéologies et synthèse

Commentaire facebook :https://www.facebook.com/sebastien.lemoine.311/posts/1306957749320017

Pour résumer :

* Le communisme de Marx a pour origine l'aspect professionnel de notre société par l'abolition du privé de la propriété des moyens de productions et de services. C'est l'émancipation de la propriété et de ce qui l'entretient soit les travailleurs et la nature. C'est aussi l'avènement d'un citoyen concret avec des droits individuels authentiques.

* Le communisme de L'URSS et des pays communistes du XX a pour origine l'aspect communautaire de la société : un état fort, une religion/idéologie puissante et une collectivité/un collectivisme ancestral qui ne font qu'un. Elle n'a pas pu suivre la voie évolutive de Marx. D'autre part, Lénine a fait des erreurs sur la nature de la société russe. Et la crise historique a joué un rôle dans le renforcement de l'aspect communautaire : https://www.facebook.com/sebastien.lemoine.311/posts/1306208719394920

Afin d'abolir l'idéologie communiste du XX liée à la guerre civile mondialisée, Alexandre Zinoviev propose une Nouvelle idéologie : http://zinoviev.info/wps/archives/425. Elle s'inspire de l'utopie de Thomas More, du socialisme de Saint Simon et de l'idéologie moderne de Destut de Tracy (matérialiste). C'est l'avènement de l'homme nouveau plus lumineux que celui des Lumières du XVIII.

D'un point de vue idéologique, l'ensemble complexe AZ/KM est ce que je nomme le "communisme individuant".

Le communisme des sociétés type communautaire est une autre ligne évolutive que celle observés depuis notre société par Spencer (Progrès) et Marx (Modernité). La modernité - et le progressisme malgré les distorsions historiques dans les pays communistes du XX - n'a pas pris le même chemin évolutif que notre société type professionnel.

L'origine du communisme du XX => cf https://fr.wikiquote.org/wiki/Alexandre_Zinoviev…

Je rappelle qu'Alexandre Zinoviev use - sur sa propre société caractérisée par la sphère communautaire - de "la méthode scientifique du passage de l'abstrait au concret" que Karl Marx use sur la société capitaliste caractérisée par la sphère professionnelle aliéné au privé de la propriété des moyens de production et de service.

Alexandre Zinoviev n'est donc pas à négliger. Comme l'a déjà fait remarquer Engels les sociétés dont capitalistes ne se réduisent pas qu'aux facteurs économiques : https://www.marxists.org/…/engels/works/1890/09/18900921.htm .
L'économie n'explique surtout pas les pays communistes du XX. La BD sociologique "Le visiteur du Sud" concrétise parfaitement la théorie d'Alexandre Zinoviev sur les sphères communautaires : https://www.facebook.com/sebastien.lemoine.311/posts/1096395120376282:0

Une analogie amusante pour appréhender l'URSS est de faire l'analogie entre la vie quotidienne des soviets et l'équipage de l'Arcadia, vaisseau du capitaine Harlock (Albator) où la soulographie, l'ennui, la fainéantise, la pionçologie et même les coups bas règnent en maître. Mais aussi, le génie, le romantisme et une morale supérieure comme effet réversif aux phénomènes communautaires hégémoniques. Et, lors des batailles, c'est l'abnégation, la solidarité et le sacrifice.