Ma petite encyclopédie

Des mots pour un regard scientifique

(ordre alphabétadialectique)


précédente : le 14 octobre 2017

dernière m.à j. :  le 23 juin 2019

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Pour une facilité et une clarté de lecture j'ai créé le 18 aout 2019, 

le site Ma petite encyclopédie :

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INDEX 

abstraction, amour, analogie, analyse<>synthèse, anticipation<>rationalisation, a priori<>a posteriori, cellule<>sphère, concept, consilience (sic), consilience, contradiction, devenir, dialectique contemporaine, dialectique hégélienne, disparité, faits<>théorie, erreurs<>vérité, homologie, imagination, matérialisme, origine<>commencement, pensée petite-bourgeoise, pensée et esprit scientifique, roman sociologique, schémas du regard scientifique, science (idéologie et science, science et philosophie, science et technique), simplexe.

PRAXIS

Suite à Origine :

De ce fait, la praxis scientifique est une dialectique origine-commencement. Contrairement aux matérialistes évolutionnistes, le matérialiste dialectique ose regarder en face la transcendance afin de la démystifier et la dépasser en remettant leur mode opératoire sur la tête.

En effet, le sens de la recherche de la nature des choses va :

Pour le transcendantaliste : du pourquoi au comment, du commencement à l'origine

Pour le scientifique : du comment au pourquoi, de l'origine au commencement

Dans le cadre du chaos déterministe soit dans un mouvement dialectique de la recherche, origine et commencement n'ont pas de sens linéaire et de logique strictement formelle, ils s'interpénètrent et s'interragissent entre eux jusqu'à la négation de l'origine et de la négation de la négation de l'origine engendrant ainsi de suite de nouvelles découvertes immanentes.

Pensée petite-bourgeoise 

La pensée petite-bourgeoise, hâtive et superficielle, est définie par opposition à la pensée scientifique, rigoureuse et dialectique.

Cette expression est née suite à la polémique envers Pierre-Joseph Proudhon sur La philosophie de la misère. Les propos de Karl Marx conduisent ainsi à mettre en lumière l'opposition entre ces deux types de pensée. Cet ensemble sera repris par Alexandre Zinoviev de façon plus comtemporaine.

Contrairement aux accusations, hâtives et superficielles, de « petit-bourgeois » dans les moments de schizophrénie et de paranoïa lors des crises historiques du XX (1914-1945; 1952-1984), l'expression de « Pensée petite-bourgeoise » est encadrée de manière rigoureuse et dialectique quand bien même acerbe.

Karl Marx ou la misère de la philosophie

1_ Sur les conceptions qui ne sont pas rigoureusement scientiques en économie politique :

Il veut planer en homme de science qu dessus des bourgeois et des propriétaires; il n'est que le petit bourgeois, balloté constamment entre le capital et le travail, entre l'économie politique et le communisme.

2_ Sur la préférence de l'illusion de la philosophie spéculative à la dialectique scientifique :

Au lieu de saisir les catégories économiques comme des expressions de rapports de production historiques qui correspondent à un niveau donné du développement de la production matérielle, sa divagation les transforme en idées éternelles, préxistantes.

Alexandre Zinoviev ou le communisme comme réalité

1. « D'un point de vue petit-bourgeois quelque chose de normal et naturel est "quelque chose" de bien. ce type de pensée ne fait pas de différence entre l'appréciation subjective des phénomènes et leur qualités objectives. » (éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981, p. 35) 

2. « L'homme qui pense en petit bourgeois remarque les faits directement observables et en tire aussitôt sans la moindre analyse des généralisations hâtive. Ses jugements sont subjectifs, c-à-d, qu'ils portent la marque de ses penchants personnels » (p. 35)

3. « La pensée petite-bourgeoise prétend voir ses résultats directement confirmés par les faits observables. La pensée scientifique au contraire sait que ses résultats ne coïncident pas directement avec les faits observables. Ils ne fournissent que des moyens à l'aide desquels on peut expliquer les faits concrets et les prédire. » (pp. 35-36)

4. « Le petit-bourgeois est enclin à faire passer ce qu'il ressent pour la vérité. » (p. 36)

5. « Cette façon qu'ont les esprits petits-bourgeois de confondre leurs appréciations subjectives avec la situation objective va tellement loin que la majorité des notions utilisés dans les conversations roulant sur des problèmes sociaux ont actuellement perdu leur caractère scientifique pour devenir de simples expressions d'estimation. » (p. 37)

6. « L'esprit petit-bourgeois considère la vie des autres comme s'il se trouvait dans leur situation, transposant sur eux son attitude, ses critères de jugement, ses sentiments. » (p. 37).

Bibliographie

  • Schwab, C. (1990). L'Héritage de Karl Marx (chap. 2.3). In Claude Schwab, Alexandre Zinoviev: résistance et lucidité. L'Âge d'Homme.
  • Zinoviev, A. (1981). Le communisme comme réalité. L'Âge d'Homme.

Pensée et esprit scientifique 

Pensée scientifique :

La pensée scientifique, rigoureuse et dialectique, selon Alexandre Zinoviev par opposition à la pensée petite-bourgeoise, hâtive et superficielle.

1_ « L'homme qui pense en scientifique cherche non seulement à constater les faits, mais, également à les analyser en tenants compte de leur hasard ou de leur nécessité, il tâche d'en analyser les lois que l'observation immédiate ne discerne pas et d'éliminer l'influence de ses propres penchants sur les résultats de ses réflexions. » (p. 35)

2_ « La pensée scientifique au contraire sait que ses résultats ne coïncident pas directement avec les faits observables. Ils ne fournissent que des moyens à l'aide desquels on peut expliquer les faits concrets et les prédire. » (pp. 35-36)

Esprit scientifique :

Même si science et idéologie s'opposent, la science a une fonction idéologique. Ce qui conduit à ce qu'elles s'interpénètrent générant des contradictions entre l'esprit scientifique et l'esprit anti-scientifique.

« La science actuelle ne se préoccupe pas seulement de rechercher la vérité. 

Sa part d'esprit scientifique, lequel ne ressemble nullement à la science telle qu'on la conçoit communément, est loin d'égaler celle d'un esprit antiscientifique hostile au premier, mais apparemment bien plus scientifique que lui. 

  • L'esprit scientifique produit des abstractions, l'esprit antiscientifiques les détruits sous-prétextes qu'elles ne tiennent pas compte de tel ou tel facteur.
  • L'esprit scientifique établit des notions rigoureuses, l'esprit antiscientifique, sous prétexte d'englober la multiplicité du réel, leur confère des sens divers.
  •  L'esprit scientifique évite d'utiliser les moyens dont il peut se passer. L'esprit antiscientifique fait feu de tout bois. 
  • L'esprit scientifique cherche à simplifier et à clarifier. L'esprit antiscientifique embrouille et complique. 
  • L'esprit scientifique s'efforce de banaliser ce qui parait insolite. L'esprit antiscientifique vise au sensationnel et aime entourer de mystère les phénomènes les plus ordinaires. 

Au début, l'un et l'autre (sous d'autres nom, bien sûr), peuvent être considérés comme parts égales d'une même science, mais bientôt l'esprit antiscientifique prend le dessus, exactement comme ces mauvaises herbes qui étouffent les plantes qu'on oublie de sarcler. » (p. 287)

« L'esprit scientifique se voit relégué au rôle pitoyable d'attribut inférieur. Or, on le supporte dans la mesure où il peut servir d'alibi à l'esprit antiscientifique. Mais, on s'efforce surtout de l'évincer comme une espèce de reproche insupportable pour une conscience coupable. » (p. 287)

« Ce qui signifie que l'on se trompe lourdement lorsqu'on espère voir la science jouer un rôle d'instrument de progrès et de civilisation. - La science est phénomène de masse, donc entièrement régi par les lois communautaires et qui ne contient une part d'esprit scientifique tout à fait négligeable. - Dans les conditions qui sont celles d'une dominations du communautarisme, la part d'esprit scientifique présente dans la science tend vers zéro » (p. 288)

ROMAN SOCIOLOGIQUE 

 « style scientifique de la pensée imagée »

par Alexandre Zinoviev

Commentaire facebook

Schémas du regard scientifique

Schémas 

de la méthode et de la pensée scientifique

 Schémas du regard scientifique

Domaine 

de la contemplation 

Sphère/Tout/Sujet/concret réel complexe/Concret 1, 

expérience/regardé, 

> abstraction/Abstrait 1 <

science/praxie, 

théorie/Concret 2/concret pensé naturalisé (matérialisé)

Champ de la connaissance

Passage 

de l'abstrait au concret

C1 <= C3

  • < Représentation simplexe du concret réel complexe

< évaluation/jugement logique >

  • Symplexification du concret réel complexe >

C2 => C2'

Domaine 

de la mesure 

symbole/Concret 3/concret pensé modélisé

technique/application,

> modélisation/Abstrait 2 <

expérimentation/observation,

 Cellule/Partie du tout abstrait/Objet/concret réel abstrait/Concert 2',

Champ du savoir construit

Usage du schémas de  la méthode et la pensée scientifique dans l'acquisition de la connaissance et des savoirs :

ELÈVE  <

Regarder : contemplation/expérience => monde réel et monde pensé (mise en oeuvre de la dialectique, processus de l'abstraction et de la raison) => émergence de la connaissance => pédagogique (globalité, synthèse, éco) => apprendre

= MUTUALITÉ =

< Réduction de l'écart >

Evaluer : régulation/potentialisation => éducation

> MAÎTRE

Voir : observation/expérimentation => interprétation et modélisation du monde réel (mise en oeuvre de la mesure, processus empirique et numérique) => émergence du savoir construit => disciplinaire (cloisonnement, analyse, égo) => enseigner

Science

Idéologie et science

La science suppose l'utilisation d'une terminologie réfléchie, précise, qui ne laisse place à aucune ambiguïté. L'idéologie suppose au contraire l'utilisation de termes insensés, vagues, équivoques. La terminologie scientifique n'a pas besoin d'être analysée, interprétée. La phraséologie idéologique doit-être commentée, comparée, repensée. Les affirmations scientifiques supposent qu'on puisse à tout moment les confirmer, les réfuter, voire même dans le cas extrêmes, reconnaître leur caractère insoluble. L'absurdité des propositions idéologiques fait qu'on ne peut ni les réfuter ni les confirmer.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Idéologie et science, p. 285

La compréhension des textes scientifiques suppose une longue préparation spécialisée, le recours à un langage particulier, professionnel. La science s'adresse à un cercle restreint de spécialistes. Les textes idéologiques s'adressent à toute une population, indépendamment de la profession et des différences de niveau d'instruction. Pour les "comprendre" (ou plus exactement pour les assimiler, inutile de subir une préparation spéciale. Il suffit de se reporter aux exemples de la vie quotidienne pour éclaircir tel ou tel passage obscur.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Idéologie et science, p. 286

Il est impossible de réfuter une idéologie. On peut seulement l'affaiblir ou la renforcer selon qu'on affaiblit ou qu'on renforce son influence sur les gens

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Idéologie et science, p. 286

L'individu est aujourd'hui capable d'opérer sur des informations reçues un traitement idéologique dont les effets sont assurées. La science se contente finalement de fournir la phraséologie, les idées et les thèmes.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Fonctions idéologiques de la science et de l'art, p. 288

L'idéologie dans le cas présent brûle de se donner des airs de science.

  • Le Communisme comme réalité, Alexandre Zinoviev (trad. Jacque Michaut), éd. Julliard/L'Age d'Homme, 1981 (ISBN 2-260-00252-8), partie Fonctions idéologiques de la science et de l'art, p. 289

science et technique

 Différenciation science de la nature et science de l'ingénieur

« Pour H. Simon (1969), l'objectif des sciences de la nature est de produire des connaissances sur « les choses telles quelles sont »; tandis que l'objectif des sciences de l'artificiel et plus précisément des science de la conception (the science of design) est de produire des connaissances sur les « choses telles qu'elles devraient être » pour atteindre un objectif. »

  • Perrin Jacques. Les rapports entre les sciences de l'ingénieur, les sciences de la nature et les représentations mentales de l'État : quelques enseignements tirés de l'histoire des pays industrialisés. In:
  • Tiers-Monde, tome 36, n°143, 1995. Professions scientifiques en crise. Ingénieurs et médecins en Syrie, Égypte, Algérie, sous la direction de Elizabeth Longuenesse et Roland Waast. pp. 581-596.
  • DOI : 10.3406/tiers.1995.4979
  • www.persee.fr/doc/tiers_0040-7356_1995_num_36_143_4979

Remarque :

Dans mon schémas du regard scientifique : sphère de la contemplation (domaine de la connaissance) et sphère de la mesure (domaine du savoir construit)